| L'Alterglobalisation ? | Alterglobalisation signifie littéralement une "autre globalisation" des échanges, des marchandises, des flux humains ou fiananciers. Ces échanges loin d'être satisfaisants sur la forme et le fond ne cessent de se voir dénoncer notamment par les mouvements altermondialistes. Ce que défends Alterglobalisation, ce n'est pas la limitation voire même la suppression de ces échanges, mais au contraire leurs transformations à travers des alternatives existantes. C'est pourquoi le site défend l'économie solidaire, dite aussi socialement responsable, incluant d'autres critères que la pure logique financière des marchés, à savoir un commerce équitable pour les deux parties, des échanges soucieux du développement durable ou encore du respect des droits de l'homme. La globalisation des échanges est peut être inévitable, voire même souhaitable si l'on considère le commerce comme le meilleur moyen de pacification, mais elle se doit de respecter avant tout la richesse de la diversité humaine...
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| Bienvenue sur Alterglobalisation, vers une économie responsable ! |
Si le but de la vie, c'est de transformer le négatif en positif, l'économie est probablement le meilleur moyen d’y parvenir. En se décomposant sous forme de règles gouvernant les masses, elle traduit la nature humaine dans toute sa diversité. Elle permet de dévoiler le cadre de notre avenir, sans rien éluder des difficultés rencontrées, des défauts inhérents à la nature humaine.
Cette simple constatation conduit à deux axes fondamentaux pour notre avenir.
D’une part, il serait illusoire de penser que la nature humaine prendra un jour conscience de sa propre richesse, pour s’acheminer vers un altruisme étant la solution au problème de la race humaine ; à savoir elle-même. Il ne faut pas se voiler la face : la chute du communisme a montré qu’au-delà de la victoire du capitalisme, l’homme demeure un loup pour l’homme, dans le sens où il privilégiera toujours son intérêt personnel, vis-à-vis de celui de l’ensemble de la communauté. D’autre part, l’économie nous apprends aussi que le jeu des égoïsmes définie les tendances globales, et donc l’avenir du commun des mortels que nous sommes. A la moindre échelle où nous demeurons la plupart du temps, cela ne pose pas de problème spécifique outre que la survie au quotidien. Le problème se pose lorsqu’on réfléchie à l’avenir que l’on désire construire. Comment profiter aussi largement d’une économie mondialisé, où le plus important est de se situer dans le bon tiers de la population, le tiers développé, celui qui assure son hégémonie, alors qu’au même moment cette même économie florissante repose sur l'exploitation de la pauvreté de populations, auxquelles on ne peut prêter qu’un oeil fataliste.
Plutôt que de prôner des mesures radicales, voire même révolutionnaires, l’altermondialisme ne se devrait-il pas de partir de la situation actuelle, pour réfléchir aux infléchissements possibles des politiques mondiales ? On semble dénoncer unanimement le libéralisme comme le grand fléau, pourtant se doit-on de rappeler, qu’il n’existe à ce jour pas d’alternative viable ? Ne serait-il pas possible de réfléchir à un libéralisme, où toutes les parties ressortiraient bénéficiaires de l’échange ? Il existe des pistes de réflexion portant sur l’encadrement des marchés par des normes et des règles, afin de tenir compte des intérêts de tout un chacun, tout en laissant le libre-jeu des marchés. Des solutions nécessitant un véritable engagement, non pas altruiste mais politique, existent. Des pistes alliant le respect de l'environnement au libre-jeu des marchés sont envisageables, car elles sont source d'enrichissement potentiel.
N’en ressortirions-nous pas grandis, si on savait que l’on peut se permettre de gagner des marchés, de générer des ressources dans les domaines, où chacun a le plus d’aptitudes, tout en perennisant l'avenir des générations futures ? Cet idéal conciliant la réalisation professionnelle et personnelle ne serait-il pas la solution à un système ayant perdu son sens ? Le mouvement altermondialiste exprime simplement l'angoisse, que l'avenir est actuellement compromis par l'activité humaine, si les choses ne changent pas. Or, il semble que l'espoir renaît lorsque les perspectives reapparaissent...Engeldivinci |
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Lille lance son Forum mondial de l’économie responsable A l’heure où le Grenelle de l’environnement entre dans sa dernière ligne droite, aujourd’hui et demain à Paris, Lille s’affiche comme «la capitale mondiale de l’économie responsable», selon les mots de Philippe Vasseur. L’ancien journaliste et ministre, devenu banquier, est à l’origine du Forum mondial de l’économie responsable, qui se tiendra chaque année dans la métropole nordiste, jusqu’en 2010. La ville accueille ainsi, depuis hier et jusqu’à jeudi, une première session de «rencontres internationales pour la diversité et l’égalité des chances pour l’emploi», où 2 000 congressistes étaient attendus au palais du Nouveau Siècle. Deux autres forums suivront: «nourrir et protéger la planète» en 2008, «finances responsables et solidaires » en 2009. Enfin, en 2010, une Convention mondiale sur la Responsabilité sociale et environnementale (RSE) clôturera le cycle, qui réunira 6000 à 8000 participants en vue de rédiger un «manifeste mondial pour l’économie responsable». De nombreuses femmes sont invitées cette semaine: l’Iranienne Shirin Ebadi, prix Nobel de la paix 2003, l’Américaine Cheryl Womack, dont le réseau d’entreprises dirigées par des femmes emploie 540000 personnes dans le monde, ou encore la Jordanienne Arije Al-Amad, dont le fonds a octroyé 86000 prêts à 33 000 femmes dans son pays. Nicole Notat, présidente de l’agence de notation sociale Vigéo et ex-secrétaire générale de la CFDT, a convaincu Guy Ryder, secrétaire général de la Confédération syndicale internationale (qui regroupe 306 syndicats dans 154 pays) de participer au forum. Sont aussi invités, outre 200 lycéens du Nord-Pas-de-Calais, 50 jeunes étrangers: Chinois, Indiens, Argentins, Australiens, Brésiliens… L’ancien journaliste pense que «le grand reportage commence au coin de sa rue». Il mise donc sur l’exemplarité des témoignages, des histoires locales et concrètes qui seront rapportées durant ces trois jours. «Par exemple deux Brésiliens, l’un aveugle, l’autre en fauteuil, vont évoquer un modèle remarquable pour la prise en compte des handicaps.» Réconcilier le développement économique, l’équité sociale et le respect de l’environnement, telle est l’idée de Philippe Vasseur lorsqu’il prend, en 2006, la présidence d’Alliances, un réseau de 250 grandes entreprises nordistes préoccupées, justement, par la RSE. «Je suis pour l’économie de marchémais en surveillant les excès, en évitant les injustices», affirme le président du Crédit Mutuel du Nord, qui dénonce «cette espèce de dérive spéculative qui veut gagner un maximum d’argent dans un minimum de temps et qui est destructrice à terme pour l’économie». Une vision de plus en plus partagée, affirme-t-il. Pour des motivations certes diverses, comme le montre une étude, menée auprès de 440 dirigeants d’entreprises françaises par le cabinet PWC, pour l’Institut français des administrateurs. «A la question “négliger la RSE constitue-t-il un risque?”, 93 % ont répondu oui pour l’image et la réputation de l’entreprise, 75 % oui pour la performance de l’entreprise,et 55 % oui pour son cours de bourse», raconte Philippe Vasseur. Fort de ce pragmatisme patronal, restait à imposer l’idée ambitieuse d’un forum mondial sur quatre ans, à Lille. «Nous avons été candidats aux Jeux olympiques, puis capitale culturelle 2004. Et cette région possède une antériorité dans la culture d’innovation sociale», souligne son promoteur. La ville, la Communauté urbaine de Lille et la Région ont financé le projet, aux côtés d’entreprises nordistes, comme Auchan, Adeo (Leroy-Merlin) ou Bonduelle, mais aussi de Suez, la Mondiale, la Caisse d’Epargne, Air France et du pétrolier brésilien Petrobras. «Nous sommes passés directement du régional à l’international, s’enthousiasme l’ancien député du Pas-de-Calais. Nous préférons raisonner en termes de connexions entre territoires régionaux.» Cet esprit transfrontalier se manifeste dans une collaboration étroite avec les Belges. Le collège d’experts du Forum sera animé par un néerlandophone polyglotte, Geert Demuijnk, directeur du Centre de recherche en éthique économique de l’université catholique de Lille, qui enseigne aussi à Louvain-la-Neuve et à l’Edhec Lille. «Il a un réseau international magnifique qui a complété nos invitations», se félicite Philippe Vasseur. «La France pense être à la pointe du social; nous allons découvrir que chaque domaine peut avoir un modèle supérieur dans des pays que nous regardons avec condescendance», conclut le fondateur du Forum. .../...
Lille lance son Forum mondial de l’économie responsable A l’heure où le Grenelle de l’environnement entre dans sa dernière ligne droite, aujourd’hui et demain à Paris, Lille s’affiche comme «la capitale mondiale de l’économie responsable», selon les mots de Philippe Vasseur. L’ancien journaliste et ministre, devenu banquier, est à l’origine du Forum mondial de l’économie responsable, qui se tiendra chaque année dans la métropole nordiste, jusqu’en 2010. La ville accueille ainsi, depuis hier et jusqu’à jeudi, une première session de «rencontres internationales pour la diversité et l’égalité des chances pour l’emploi», où 2 000 congressistes étaient attendus au palais du Nouveau Siècle. Deux autres forums suivront: «nourrir et protéger la planète» en 2008, «finances responsables et solidaires » en 2009. Enfin, en 2010, une Convention mondiale sur la Responsabilité sociale et environnementale (RSE) clôturera le cycle, qui réunira 6000 à 8000 participants en vue de rédiger un «manifeste mondial pour l’économie responsable». De nombreuses femmes sont invitées cette semaine: l’Iranienne Shirin Ebadi, prix Nobel de la paix 2003, l’Américaine Cheryl Womack, dont le réseau d’entreprises dirigées par des femmes emploie 540000 personnes dans le monde, ou encore la Jordanienne Arije Al-Amad, dont le fonds a octroyé 86000 prêts à 33 000 femmes dans son pays. Nicole Notat, présidente de l’agence de notation sociale Vigéo et ex-secrétaire générale de la CFDT, a convaincu Guy Ryder, secrétaire général de la Confédération syndicale internationale (qui regroupe 306 syndicats dans 154 pays) de participer au forum. Sont aussi invités, outre 200 lycéens du Nord-Pas-de-Calais, 50 jeunes étrangers: Chinois, Indiens, Argentins, Australiens, Brésiliens… L’ancien journaliste pense que «le grand reportage commence au coin de sa rue». Il mise donc sur l’exemplarité des témoignages, des histoires locales et concrètes qui seront rapportées durant ces trois jours. «Par exemple deux Brésiliens, l’un aveugle, l’autre en fauteuil, vont évoquer un modèle remarquable pour la prise en compte des handicaps.» Réconcilier le développement économique, l’équité sociale et le respect de l’environnement, telle est l’idée de Philippe Vasseur lorsqu’il prend, en 2006, la présidence d’Alliances, un réseau de 250 grandes entreprises nordistes préoccupées, justement, par la RSE. «Je suis pour l’économie de marchémais en surveillant les excès, en évitant les injustices», affirme le président du Crédit Mutuel du Nord, qui dénonce «cette espèce de dérive spéculative qui veut gagner un maximum d’argent dans un minimum de temps et qui est destructrice à terme pour l’économie». Une vision de plus en plus partagée, affirme-t-il. Pour des motivations certes diverses, comme le montre une étude, menée auprès de 440 dirigeants d’entreprises françaises par le cabinet PWC, pour l’Institut français des administrateurs. «A la question “négliger la RSE constitue-t-il un risque?”, 93 % ont répondu oui pour l’image et la réputation de l’entreprise, 75 % oui pour la performance de l’entreprise,et 55 % oui pour son cours de bourse», raconte Philippe Vasseur. Fort de ce pragmatisme patronal, restait à imposer l’idée ambitieuse d’un forum mondial sur quatre ans, à Lille. «Nous avons été candidats aux Jeux olympiques, puis capitale culturelle 2004. Et cette région possède une antériorité dans la culture d’innovation sociale», souligne son promoteur. La ville, la Communauté urbaine de Lille et la Région ont financé le projet, aux côtés d’entreprises nordistes, comme Auchan, Adeo (Leroy-Merlin) ou Bonduelle, mais aussi de Suez, la Mondiale, la Caisse d’Epargne, Air France et du pétrolier brésilien Petrobras. «Nous sommes passés directement du régional à l’international, s’enthousiasme l’ancien député du Pas-de-Calais. Nous préférons raisonner en termes de connexions entre territoires régionaux.» Cet esprit transfrontalier se manifeste dans une collaboration étroite avec les Belges. Le collège d’experts du Forum sera animé par un néerlandophone polyglotte, Geert Demuijnk, directeur du Centre de recherche en éthique économique de l’université catholique de Lille, qui enseigne aussi à Louvain-la-Neuve et à l’Edhec Lille. «Il a un réseau international magnifique qui a complété nos invitations», se félicite Philippe Vasseur. «La France pense être à la pointe du social; nous allons découvrir que chaque domaine peut avoir un modèle supérieur dans des pays que nous regardons avec condescendance», conclut le fondateur du Forum. 
Des microalgues pour produire des biocarburants
- par Engeldivinci
La France se lance dans la course aux carburants à partir d'algues. Un programme de recherche, réunissant sept laboratoires et une PME, vise la production d’huiles extraites des algues microscopiques présentes dans le plancton. Ces microalgues offrent un rendement en biocarburant 30 fois supérieur aux oléagineux, sans menacer l’environnement ni concurrencer les cultures alimentaires.
Alors que l’Europe s’est fixé un objectif contraignant de 10 % de biocarburants dans les transports d’ici 2020, il s’avère que la production de biocarburant à base de tournesol, de soja ou de canne à sucre engendre des coûts de production élevés et un impact environnemental important. Les microalgues offrent à ce titre une alternative : elles possèdent un potentiel de développement bien plus élevé, ne concurrencent pas les cultures alimentaires et n’ont pas besoin de produits phytosanitaires. Pour la première fois en France, une équipe de chercheurs de sept laboratoires et une PME se sont lancés, en décembre 2006, dans un projet de production de biocarburant sous forme d’ester de méthyl, à partir de microalgues. Dénommée Shamash, une divinité babylonienne représentée par un soleil dans une roue (une métaphore du biocarburant), cette initiative est soumise à l’Agence nationale de la recherche (ANR) dans le cadre de son programme national de recherche sur les bioénergies. Le potentiel est considérable : on estime en effet qu’il existe entre 200 000 et plusieurs millions d’espèces d’algues. Les microalgues, que l’on trouve dans le plancton, peuvent accumuler des acides gras représentant jusqu’à 50% de leur poids sec, ce qui permet d'envisager un rendement en biocarburant 30 fois supérieur aux espèces oléagineuses terrestres, les inconvénients en moins.. « Nous pourrions parvenir, en milieu contrôlé à atteindre des 30 tonnes par hectare (ha) et par an, contre 3 à 4 tonnes pour du colza ou du tournesol », explique Jean-Paul Cadoret, chef du laboratoire physiologie et biotechnologie des algues de l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) de Nantes. Sur ce site, huit souches à forte productivité en acide gras sont cultivées dans des réacteurs en verre, éclairés en permanence par des tubes néon. « Selon nos calculs, nous pourrions produire 24 000 litres d’huile par hectare et par an, contre 1500 litres pour du colza ou 6000 litres pour du palmier. » Shamash est doté d’un budget de 2,8 millions d’euros par an. Labellisé par le pôle de compétitivité Mer de la région Provence-Alpes-Côtes d’Azur, il intègre des spécialistes de la culture, de la physiologie et de l’utilisation des microalgues, des experts de l’optimisation des procédés biotechnologiques ainsi que des spécialistes des biocarburants, de l’extraction et de la purification des lipides.
« Des réserves de lipides allant jusqu’à 70% de leur masse »
« La particularité de certaines espèces de microalgues est de produire des réserves de lipides allant jusqu’à 70% de leur masse lorsqu’elles sont soumises à des stress comme la privation d’azote ou une augmentation brutale de la lumière », explique Olivier Bernard, chargé de recherche à l’INRIA. Cultivées dans de longs tubes en verre ou dans des bassins en bordure de mer, les microalgues offrent une récolte en continu, même si la production diminue un peu en hiver. Elles contiennent en outre des coproduits valorisables en pharmacie (vitamines, sucres), en industrie (silice, pigments) et en agriculture (engrais). « La médecine s’intéresse à leurs polysaccharides pour la reconstruction osseuse, et elles peuvent aussi fournir des Oméga 3 et des antioxydants à l’industrie agroalimentaire », souligne Jean-Paul Cadoret.
Les microalgues peuvent absorber le CO2
Autre bénéfice environnemental : en les couplant à une installation industrielle ou une station d’épuration, les microalgues peuvent absorber le CO2 , et se nourrir des rejets (azote, phosphate, nitrates) pour augmenter leur production de lipides. Les microalgues pourraient ainsi servir de « piège à carbone » pour des centrales thermiques au charbon, comme c’est déjà le cas dans une installation aux Etats-Unis. Dans ce pays, les recherches sur les microalgues avaient été lancées il y a une vingtaine d’années, puis stoppées par l’administration Bush au début des années 1990. D’autres pays, tels que le Japon, l’Allemagne, l’Espagne, le Royaume-Uni ou la Chine se sont aussi lancés dans la course. Au Canada, le gouvernement vient de créer le Centre I-Can qui vise à absorber jusqu’à 100 millions de tonnes de CO2, provenant de l’industrie, par la culture de microalgues, transformées ensuite en biocombustibles ou en gaz naturel renouvelable. Biofuel Systems SL, une entreprise espagnole, a déclaré récemment qu’elle pourrait être en mesure de produire du biocarburant à base de microalgues fin 2007. Shamash n’en est pas encore là. « Les prochaines étapes seront la sélection des meilleures souches, la recherche d’un site pour installer des bassins de culture, le lancement d’une étude pilote de culture sur 1000 m2, l’analyse économique de production, et les vérifications en terme de propriété industrielle », annonce Jean-Paul Cadoret. Il reste à espérer que le projet Shamash permettra à la France de rattraper son retard dans ce domaine, où les spécialistes des microalgues sont nombreux, mais où il n’existe pas pour l’instant de travaux de recherche publiés dans ce domaine. Un des objectifs du programme Shamash est donc aussi de fédérer une masse critique de chercheurs autour des biocarburants à base de microalgues.
La production de biocarburants a un impact direct sur le prix mondial des céréales, selon un rapport du département américain de l'agriculture (USDA). Les besoins croissants en éthanol de maïs aux Etats-Unis vont progressivement bousculer les marchés de la céréale de même qu’en Europe, la demande de biodiesel fera s’envoler les cours mondiaux des oléagineux. Conséquence : l’Allemagne doit par exemple s'attendre à une hausse de 10% du prix du pain, indique le rapport, tandis que l'industrie agroalimentaire devra faire face à une sévère concurrence en matière d'approvisionnement de céréales. La sécurité alimentaire des pays du Sud est particulièrement menacée par cette hausse, le prix du mais pouvant augmenter de 41% d’ici 2020.
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La France se lance dans la course aux carburants à partir d'algues. Un programme de recherche, réunissant sept laboratoires et une PME, vise la production d’huiles extraites des algues microscopiques présentes dans le plancton. Ces microalgues offrent un rendement en biocarburant 30 fois supérieur aux oléagineux, sans menacer l’environnement ni concurrencer les cultures alimentaires.
Alors que l’Europe s’est fixé un objectif contraignant de 10 % de biocarburants dans les transports d’ici 2020, il s’avère que la production de biocarburant à base de tournesol, de soja ou de canne à sucre engendre des coûts de production élevés et un impact environnemental important. Les microalgues offrent à ce titre une alternative : elles possèdent un potentiel de développement bien plus élevé, ne concurrencent pas les cultures alimentaires et n’ont pas besoin de produits phytosanitaires. Pour la première fois en France, une équipe de chercheurs de sept laboratoires et une PME se sont lancés, en décembre 2006, dans un projet de production de biocarburant sous forme d’ester de méthyl, à partir de microalgues. Dénommée Shamash, une divinité babylonienne représentée par un soleil dans une roue (une métaphore du biocarburant), cette initiative est soumise à l’Agence nationale de la recherche (ANR) dans le cadre de son programme national de recherche sur les bioénergies. Le potentiel est considérable : on estime en effet qu’il existe entre 200 000 et plusieurs millions d’espèces d’algues. Les microalgues, que l’on trouve dans le plancton, peuvent accumuler des acides gras représentant jusqu’à 50% de leur poids sec, ce qui permet d'envisager un rendement en biocarburant 30 fois supérieur aux espèces oléagineuses terrestres, les inconvénients en moins.. « Nous pourrions parvenir, en milieu contrôlé à atteindre des 30 tonnes par hectare (ha) et par an, contre 3 à 4 tonnes pour du colza ou du tournesol », explique Jean-Paul Cadoret, chef du laboratoire physiologie et biotechnologie des algues de l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) de Nantes. Sur ce site, huit souches à forte productivité en acide gras sont cultivées dans des réacteurs en verre, éclairés en permanence par des tubes néon. « Selon nos calculs, nous pourrions produire 24 000 litres d’huile par hectare et par an, contre 1500 litres pour du colza ou 6000 litres pour du palmier. » Shamash est doté d’un budget de 2,8 millions d’euros par an. Labellisé par le pôle de compétitivité Mer de la région Provence-Alpes-Côtes d’Azur, il intègre des spécialistes de la culture, de la physiologie et de l’utilisation des microalgues, des experts de l’optimisation des procédés biotechnologiques ainsi que des spécialistes des biocarburants, de l’extraction et de la purification des lipides.
« Des réserves de lipides allant jusqu’à 70% de leur masse »
« La particularité de certaines espèces de microalgues est de produire des réserves de lipides allant jusqu’à 70% de leur masse lorsqu’elles sont soumises à des stress comme la privation d’azote ou une augmentation brutale de la lumière », explique Olivier Bernard, chargé de recherche à l’INRIA. Cultivées dans de longs tubes en verre ou dans des bassins en bordure de mer, les microalgues offrent une récolte en continu, même si la production diminue un peu en hiver. Elles contiennent en outre des coproduits valorisables en pharmacie (vitamines, sucres), en industrie (silice, pigments) et en agriculture (engrais). « La médecine s’intéresse à leurs polysaccharides pour la reconstruction osseuse, et elles peuvent aussi fournir des Oméga 3 et des antioxydants à l’industrie agroalimentaire », souligne Jean-Paul Cadoret.
Les microalgues peuvent absorber le CO2
Autre bénéfice environnemental : en les couplant à une installation industrielle ou une station d’épuration, les microalgues peuvent absorber le CO2 , et se nourrir des rejets (azote, phosphate, nitrates) pour augmenter leur production de lipides. Les microalgues pourraient ainsi servir de « piège à carbone » pour des centrales thermiques au charbon, comme c’est déjà le cas dans une installation aux Etats-Unis. Dans ce pays, les recherches sur les microalgues avaient été lancées il y a une vingtaine d’années, puis stoppées par l’administration Bush au début des années 1990. D’autres pays, tels que le Japon, l’Allemagne, l’Espagne, le Royaume-Uni ou la Chine se sont aussi lancés dans la course. Au Canada, le gouvernement vient de créer le Centre I-Can qui vise à absorber jusqu’à 100 millions de tonnes de CO2, provenant de l’industrie, par la culture de microalgues, transformées ensuite en biocombustibles ou en gaz naturel renouvelable. Biofuel Systems SL, une entreprise espagnole, a déclaré récemment qu’elle pourrait être en mesure de produire du biocarburant à base de microalgues fin 2007. Shamash n’en est pas encore là. « Les prochaines étapes seront la sélection des meilleures souches, la recherche d’un site pour installer des bassins de culture, le lancement d’une étude pilote de culture sur 1000 m2, l’analyse économique de production, et les vérifications en terme de propriété industrielle », annonce Jean-Paul Cadoret. Il reste à espérer que le projet Shamash permettra à la France de rattraper son retard dans ce domaine, où les spécialistes des microalgues sont nombreux, mais où il n’existe pas pour l’instant de travaux de recherche publiés dans ce domaine. Un des objectifs du programme Shamash est donc aussi de fédérer une masse critique de chercheurs autour des biocarburants à base de microalgues.
La production de biocarburants a un impact direct sur le prix mondial des céréales, selon un rapport du département américain de l'agriculture (USDA). Les besoins croissants en éthanol de maïs aux Etats-Unis vont progressivement bousculer les marchés de la céréale de même qu’en Europe, la demande de biodiesel fera s’envoler les cours mondiaux des oléagineux. Conséquence : l’Allemagne doit par exemple s'attendre à une hausse de 10% du prix du pain, indique le rapport, tandis que l'industrie agroalimentaire devra faire face à une sévère concurrence en matière d'approvisionnement de céréales. La sécurité alimentaire des pays du Sud est particulièrement menacée par cette hausse, le prix du mais pouvant augmenter de 41% d’ici 2020.
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Médicament générique et mondialisation au coeur d'un procès
- par Engeldivinci
Le laboratoire pharmaceutique américain a porté plainte contre Act Up-Paris pour avoir paralysé son site internet en avril dernier. Une action de netstrike avait en effet rassemblé des milliers de personnes à travers le monde, qui se sont connectées sur le site d’Abbott pour le saturer. L’objectif était de dénoncer la politique du groupe sur l’accès aux traitements du sida en Thaïlande. L’affaire remonte en 2005, époque à laquelle la Thaïlande a cherché à faire appliquer le principe d’accès universel au traitement du sida voté par les Nations Unies 2010. Le pays, qui compte 1 million de malades, a besoin du Kaletra, médicaments anti-sida vendu par Abbott et qui présente un avantage considérable, celui de résister à la chaleur des tropiques. Son côut est en revanche un problème pour le pays, Abbott commercialisant son traitement 2 200 dollars par an et par patient. La Thaïlande, qui ne peut financer l’accès à ce produit au prix exigé, décide en janvier dernier d’appliquer les dispositions de l’OMC sur le recours aux médicaments génériques. La procédure des « licences obligatoires » permettent en effet aux gouvernements de fabriquer ou d’importer des génériques des médicaments, de même qualité, mais moins chers. Le pays annonce donc qu’il lève le monopole d’Abbott sur ce médicament et appelle les fabricants de génériques à lui proposer des versions moins chères de ce produit. Cette décision, soutenue notamment par la France, n’est cependant pas du goût du laboratoire, qui prend une mesure de rétorsion inédite : ne plus enregistrer ses nouveaux médicaments en Thaïlande, dont le Kaletra. Des représailles qui « reviennent donc à priver, en toute connaissance de cause, les malades thaïlandais d’un médicament indispensable, observe Act UP. Au-delà de la Thaïlande, ce sont tous les pays en développement qui se sentent menacés par cette odieuse mesure de rétorsion. » Aucun recours devant l'OMC Pour dénoncer cette pratique, les associations de défense des malades appellent au boycott et à l’attaque du site internet du groupe. La contestation reste en effet le seul moyen d’action, puisque la décision d’Abbott est certes contraire aux accords internationaux sur la propriété intellectuelle, mais parallèlement, aucun recours devant l’OMC n’est prévu concernant la décision d’un groupe privé. La décision d’Abbott n’est donc pas juridiquement contestable…Ce qui amène plusieurs associations en Thaïlande, en Europe et aux Etats-Unis à exécuter un « netstrike » contre le site corporate du groupe. « Le 26 avril dernier, la veille de l’Assemblée générale des actionnaires du groupe, les associations de malades thaïlandaises appelaient à une journée internationale d’actions, relayée par de nombreuses ONG. Act Up-Paris a proposé aux militantes du monde entier de participer à un netstrike, explique Act Up- Paris. Des centaines, peut-être plus d’un millier de personnes, en France, en Thaïlande, aux Etats-Unis, etc. se sont connectées à répétition sur le site d’Abbott pour le ralentir ou de le saturer ». Les connexions répétées finissent par paralyser le site, action qui, 3 semaines plus tard, fait l’objet d’une plainte du groupe contre Act Up-Paris, instigateur de l’opération. « Le laboratoire entend nous faire condamner au nom des articles 323-2 (entrave au fonctionnement d’un système de traitement automatisé de données), et 323-3-1 (détention ou mise à disposition des outils qui permettent le blocage d’un système) du Code pénal, précise l’association. Nous risquons 70 000 euros d’amende, des dommages et intérêts, 3000 euros de frais de justice et la publication de la condamnation dans deux journaux, à nos frais. La plainte d’Abbott est clairement une manœuvre pour réduire Act Up-Paris au silence ». Reste pour Act Up à prouver qu’elle avait un « motif légitime » pour lancer cette opération, condition à laquelle les juges pourront l’innocenter. « En portant plainte contre nous, Abbott devra prouver que les vies de milliers de malades en Thaïlande ne sont pas un « motif légitime » qui justifierait une dénonciation publique du laboratoire. Le procès intenté contre nous, malades du sida, obligera Abbott à révéler publiquement son obscénité », n’hésite pas à riposter l’association. Par ailleurs, seule l’organisation parisienne fait l’objet d’une telle plainte, alors que l’action a été également menée par d’autres pays. Au-delà du procès, c’est une nouvelle fois l’accès aux génériques des pays en développement qui est posée. Un procès intenté par le groupe Novartis contre l'état indien se déroule actuellement à Madras, l'objectif du laboratoire pharmaceutique étant de récupérer des brevets sur des médicaments génériques, qui ont permis de soigner à bas coût des dizaines de milliers de malades dans les pays en développement. En attaquant la législation indienne, Novartis remet en cause, comme Abbott, le contenu des accords de l'OMC sur les des droits de propriété intellectuelle (Adpic), adoptés en 2001. Et reste sourd à la mobilisation des ONG, Médecins Sans Frontière en tête. .../...
Le laboratoire pharmaceutique américain a porté plainte contre Act Up-Paris pour avoir paralysé son site internet en avril dernier. Une action de netstrike avait en effet rassemblé des milliers de personnes à travers le monde, qui se sont connectées sur le site d’Abbott pour le saturer. L’objectif était de dénoncer la politique du groupe sur l’accès aux traitements du sida en Thaïlande. L’affaire remonte en 2005, époque à laquelle la Thaïlande a cherché à faire appliquer le principe d’accès universel au traitement du sida voté par les Nations Unies 2010. Le pays, qui compte 1 million de malades, a besoin du Kaletra, médicaments anti-sida vendu par Abbott et qui présente un avantage considérable, celui de résister à la chaleur des tropiques. Son côut est en revanche un problème pour le pays, Abbott commercialisant son traitement 2 200 dollars par an et par patient. La Thaïlande, qui ne peut financer l’accès à ce produit au prix exigé, décide en janvier dernier d’appliquer les dispositions de l’OMC sur le recours aux médicaments génériques. La procédure des « licences obligatoires » permettent en effet aux gouvernements de fabriquer ou d’importer des génériques des médicaments, de même qualité, mais moins chers. Le pays annonce donc qu’il lève le monopole d’Abbott sur ce médicament et appelle les fabricants de génériques à lui proposer des versions moins chères de ce produit. Cette décision, soutenue notamment par la France, n’est cependant pas du goût du laboratoire, qui prend une mesure de rétorsion inédite : ne plus enregistrer ses nouveaux médicaments en Thaïlande, dont le Kaletra. Des représailles qui « reviennent donc à priver, en toute connaissance de cause, les malades thaïlandais d’un médicament indispensable, observe Act UP. Au-delà de la Thaïlande, ce sont tous les pays en développement qui se sentent menacés par cette odieuse mesure de rétorsion. » Aucun recours devant l'OMC Pour dénoncer cette pratique, les associations de défense des malades appellent au boycott et à l’attaque du site internet du groupe. La contestation reste en effet le seul moyen d’action, puisque la décision d’Abbott est certes contraire aux accords internationaux sur la propriété intellectuelle, mais parallèlement, aucun recours devant l’OMC n’est prévu concernant la décision d’un groupe privé. La décision d’Abbott n’est donc pas juridiquement contestable…Ce qui amène plusieurs associations en Thaïlande, en Europe et aux Etats-Unis à exécuter un « netstrike » contre le site corporate du groupe. « Le 26 avril dernier, la veille de l’Assemblée générale des actionnaires du groupe, les associations de malades thaïlandaises appelaient à une journée internationale d’actions, relayée par de nombreuses ONG. Act Up-Paris a proposé aux militantes du monde entier de participer à un netstrike, explique Act Up- Paris. Des centaines, peut-être plus d’un millier de personnes, en France, en Thaïlande, aux Etats-Unis, etc. se sont connectées à répétition sur le site d’Abbott pour le ralentir ou de le saturer ». Les connexions répétées finissent par paralyser le site, action qui, 3 semaines plus tard, fait l’objet d’une plainte du groupe contre Act Up-Paris, instigateur de l’opération. « Le laboratoire entend nous faire condamner au nom des articles 323-2 (entrave au fonctionnement d’un système de traitement automatisé de données), et 323-3-1 (détention ou mise à disposition des outils qui permettent le blocage d’un système) du Code pénal, précise l’association. Nous risquons 70 000 euros d’amende, des dommages et intérêts, 3000 euros de frais de justice et la publication de la condamnation dans deux journaux, à nos frais. La plainte d’Abbott est clairement une manœuvre pour réduire Act Up-Paris au silence ». Reste pour Act Up à prouver qu’elle avait un « motif légitime » pour lancer cette opération, condition à laquelle les juges pourront l’innocenter. « En portant plainte contre nous, Abbott devra prouver que les vies de milliers de malades en Thaïlande ne sont pas un « motif légitime » qui justifierait une dénonciation publique du laboratoire. Le procès intenté contre nous, malades du sida, obligera Abbott à révéler publiquement son obscénité », n’hésite pas à riposter l’association. Par ailleurs, seule l’organisation parisienne fait l’objet d’une telle plainte, alors que l’action a été également menée par d’autres pays. Au-delà du procès, c’est une nouvelle fois l’accès aux génériques des pays en développement qui est posée. Un procès intenté par le groupe Novartis contre l'état indien se déroule actuellement à Madras, l'objectif du laboratoire pharmaceutique étant de récupérer des brevets sur des médicaments génériques, qui ont permis de soigner à bas coût des dizaines de milliers de malades dans les pays en développement. En attaquant la législation indienne, Novartis remet en cause, comme Abbott, le contenu des accords de l'OMC sur les des droits de propriété intellectuelle (Adpic), adoptés en 2001. Et reste sourd à la mobilisation des ONG, Médecins Sans Frontière en tête. 
Stratégies d’adaptation au changement climatique
- par Engeldivinci
Si les scénario du réchauffement climatique (combien de degrés ? quelles conséquences ?) ne sont pas tous écrits, certaines régions du monde doivent d’ores et déjà affronter une transformation profonde de leur environnement. Ces zones, parmi les plus vulnérables sur un plan géographique, s’organisent pour imaginer d’autres modes d’habitation. Les Pays-Bas qui ont la plus forte densité de population au monde et des terres qu’ils doivent défendre depuis toujours face à la mer et aux rivières susceptibles de déborder veulent « anticiper ». Leur gouvernement finance un programme « Vivre avec l’eau ». Doté de 45 millions d’euros, il a pour but de réunir toutes les compétences disponibles qui ne travaillent pas encore ensemble pour « développer de nouvelles méthodes pour faire face à l'aménagement des eaux et résoudre de manière innovante les problèmes de l'eau pendant la période 2015-2020 ». En France, la Camargue est dans la même situation puisque certains scénarios sur le réchauffement climatique prévoient sa disparition à terme. Pour sensibiliser les acteurs locaux à ce risque, des jeux de rôle ont été organisés avec les autorités locales dans le cadre d’un programme européen réunissant 6 pays pour faire une étude d’impact et de stratégie. Pour les habitants des îles Tuvalu, la submersion est déjà une réalité puisque lors des grandes marées, ils doivent déjà vivre, pendant plusieurs jours, avec de l’eau jusqu’à la ceinture. Devenues aujourd’hui le symbole du réchauffement climatique en marche, les îles Tuvalu font l’objet d’un programme test. L’association Alofa Tuvalu y construit un centre de formation et de démonstration aux énergies renouvelables exemplaire, préfigurant un modèle de développement durable autonome. .../...
Si les scénario du réchauffement climatique (combien de degrés ? quelles conséquences ?) ne sont pas tous écrits, certaines régions du monde doivent d’ores et déjà affronter une transformation profonde de leur environnement. Ces zones, parmi les plus vulnérables sur un plan géographique, s’organisent pour imaginer d’autres modes d’habitation. Les Pays-Bas qui ont la plus forte densité de population au monde et des terres qu’ils doivent défendre depuis toujours face à la mer et aux rivières susceptibles de déborder veulent « anticiper ». Leur gouvernement finance un programme « Vivre avec l’eau ». Doté de 45 millions d’euros, il a pour but de réunir toutes les compétences disponibles qui ne travaillent pas encore ensemble pour « développer de nouvelles méthodes pour faire face à l'aménagement des eaux et résoudre de manière innovante les problèmes de l'eau pendant la période 2015-2020 ». En France, la Camargue est dans la même situation puisque certains scénarios sur le réchauffement climatique prévoient sa disparition à terme. Pour sensibiliser les acteurs locaux à ce risque, des jeux de rôle ont été organisés avec les autorités locales dans le cadre d’un programme européen réunissant 6 pays pour faire une étude d’impact et de stratégie. Pour les habitants des îles Tuvalu, la submersion est déjà une réalité puisque lors des grandes marées, ils doivent déjà vivre, pendant plusieurs jours, avec de l’eau jusqu’à la ceinture. Devenues aujourd’hui le symbole du réchauffement climatique en marche, les îles Tuvalu font l’objet d’un programme test. L’association Alofa Tuvalu y construit un centre de formation et de démonstration aux énergies renouvelables exemplaire, préfigurant un modèle de développement durable autonome. 
Le marché très lucratif de la faim dans le monde
- par Engeldivinci
Alors que l'industrie agroalimentaire cherche à conquérir le marché des pays en développement à travers des produits sur mesure, le documentaire " We feed the world " montre les pratiques et les impacts de l'agriculture mondialisée sur la faim dans le monde. Avec une conclusion sans appel : nos aliments " bon marché " font des ravages économiques et humains dans les pays où ils sont produits.
"Chaque enfant qui meurt est un enfant assassiné " parce que " nous pourrions nourrir 12 milliards de personnes avec ce que nous produisons actuellement ". Ainsi s'exprime Jean Ziegler, rapporteur spécial des Nations-Unies pour le droit à l'alimentation à l'origine du film et du livre " We feed the world ". Cette vaste enquête menée aux quatre coins de la planète est bien plus qu'un simple reportage sur telle ou telle pratique scandaleuse. Ici, c'est le fonctionnement de l'ensemble du système alimentaire mondialisé qui est révélé. Un système absurde, qui conduit à la profusion d'un côté et aux crises alimentaires de l'autre. Le documentaire enquête sur les différentes causes, historiques et actuelles de ce " marché de la faim ". L'agriculture intensive, les pratiques commerciales de l'industrie alimentaire, le monopole des firmes de biotechnologies et les subventions agricoles en sont largement responsables. Aujourd'hui, 2 millions de kilos de pain encore comestible sont jetés chaque année à Vienne. 365 milliards de dollars en 2006, soit 1 milliard par jour, ont été donnés par l'Europe et les Etats-Unis pour subventionner des produits agricoles revendus ensuite à Dakar à un tiers du prix des produits locaux...Un système qui provoque la chute du marché alimentaire africain et prive les paysans de leurs revenus. Au Brésil, l'un des pays agricoles les plus puissants au monde, les 100 millions de tonnes de céréales produites chaque année pourraient nourrir les quelques 180 millions d'habitants, mais elles sont destinées à l'exportation. Conséquence : le Brésil compte 44 millions de personnes sous-alimentées.
" Dans presque tous les cas, la faim dans le monde a un lien avec la nourriture produite pour l'Europe et les autres pays riches ", explique le cinéaste autrichien Erwin Wagenoher, réalisateur du film. Produits achetés à bas prix, chute des cours mondiaux, ouvriers agricoles mal payés ou exploités, aliénation des terres agricoles familiales par les firmes alimentaires, dépendance des paysans aux semences OGM, biopiraterie : la " réorganisation " mondiale de l'alimentation par les Etats et les entreprises a créé une répartition inégale des denrées, tandis que l'agriculture mondiale produit suffisamment pour nourrir la planète entière. Et alors que le monde occidental s'inquiète de plus en plus de sa santé et de son alimentation, " We feed the world " (titre repris du slogan de la firme de biotechnologies Pioneer, aujourd'hui DuPont) nous donne un regard sans illusion sur les produits que nous consommons. Hormones, antibiotiques, OGM, substances chimiques et pesticides, la plupart de nos aliments n'ont plus grand chose de naturel. Un marché de 3 milliards de pauvres Ultime conséquence de ce système absurde : l'apparition de produits " sur mesure " fabriqués par les firmes du Nord pour nourrir un marché de 3 milliards de pauvres. Nestlé et Danone se sont lancés dans la fabrication de ces produits couvrant les besoins nutritionnels spécifiques des populations en carence alimentaire. Le biscuit " Biskuat " de Danone, enrichi en calcium et vendu à bas prix (8 centimes d'euros) en Inde, est ainsi devenu un produit leader sur ce marché. Parmi ces " produits à prix populaires " vendus par Danone, le yaourt " Danimal " symbolise aujourd'hui une stratégie marketing adaptée au contexte local. Ce sont effet des femmes qui vendent ce yaourt enrichi en fer, en zinc et en calcium dans les bidonvilles d'Afrique du Sud pour 1 rand (15 centimes d'euro) l'unité, soit 30 % de moins qu'un yaourt classique. Les coûts sont réduits au maximum et le moyen de distribution employé permet d'accéder aux populations défavorisées des quartiers difficiles. Misant sur l'effet de masse, les groupes agroalimentaires espèrent ainsi pénétrer un marché à fort potentiel. A partir de 2008, Danone envisage de vendre entre 10 000 et 25 000 tonnes de Danimal par an. Des chiffres qui n'ont rien de surprenant : au Maroc, le " Moufid " est devenu le deuxième yaourt avec des ventes qui augmentent de 50% par an. We feed the world, le marché de la faim. Documentaire d'Erwin Wagenhofer. En salles depuis le 25 avril. Le marché de la faim, le livre du film We feed the world, par Erwin Wagenhoferenhofer et Max Annas, Actes Sud.
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Alors que l'industrie agroalimentaire cherche à conquérir le marché des pays en développement à travers des produits sur mesure, le documentaire " We feed the world " montre les pratiques et les impacts de l'agriculture mondialisée sur la faim dans le monde. Avec une conclusion sans appel : nos aliments " bon marché " font des ravages économiques et humains dans les pays où ils sont produits.
"Chaque enfant qui meurt est un enfant assassiné " parce que " nous pourrions nourrir 12 milliards de personnes avec ce que nous produisons actuellement ". Ainsi s'exprime Jean Ziegler, rapporteur spécial des Nations-Unies pour le droit à l'alimentation à l'origine du film et du livre " We feed the world ". Cette vaste enquête menée aux quatre coins de la planète est bien plus qu'un simple reportage sur telle ou telle pratique scandaleuse. Ici, c'est le fonctionnement de l'ensemble du système alimentaire mondialisé qui est révélé. Un système absurde, qui conduit à la profusion d'un côté et aux crises alimentaires de l'autre. Le documentaire enquête sur les différentes causes, historiques et actuelles de ce " marché de la faim ". L'agriculture intensive, les pratiques commerciales de l'industrie alimentaire, le monopole des firmes de biotechnologies et les subventions agricoles en sont largement responsables. Aujourd'hui, 2 millions de kilos de pain encore comestible sont jetés chaque année à Vienne. 365 milliards de dollars en 2006, soit 1 milliard par jour, ont été donnés par l'Europe et les Etats-Unis pour subventionner des produits agricoles revendus ensuite à Dakar à un tiers du prix des produits locaux...Un système qui provoque la chute du marché alimentaire africain et prive les paysans de leurs revenus. Au Brésil, l'un des pays agricoles les plus puissants au monde, les 100 millions de tonnes de céréales produites chaque année pourraient nourrir les quelques 180 millions d'habitants, mais elles sont destinées à l'exportation. Conséquence : le Brésil compte 44 millions de personnes sous-alimentées.
" Dans presque tous les cas, la faim dans le monde a un lien avec la nourriture produite pour l'Europe et les autres pays riches ", explique le cinéaste autrichien Erwin Wagenoher, réalisateur du film. Produits achetés à bas prix, chute des cours mondiaux, ouvriers agricoles mal payés ou exploités, aliénation des terres agricoles familiales par les firmes alimentaires, dépendance des paysans aux semences OGM, biopiraterie : la " réorganisation " mondiale de l'alimentation par les Etats et les entreprises a créé une répartition inégale des denrées, tandis que l'agriculture mondiale produit suffisamment pour nourrir la planète entière. Et alors que le monde occidental s'inquiète de plus en plus de sa santé et de son alimentation, " We feed the world " (titre repris du slogan de la firme de biotechnologies Pioneer, aujourd'hui DuPont) nous donne un regard sans illusion sur les produits que nous consommons. Hormones, antibiotiques, OGM, substances chimiques et pesticides, la plupart de nos aliments n'ont plus grand chose de naturel. Un marché de 3 milliards de pauvres Ultime conséquence de ce système absurde : l'apparition de produits " sur mesure " fabriqués par les firmes du Nord pour nourrir un marché de 3 milliards de pauvres. Nestlé et Danone se sont lancés dans la fabrication de ces produits couvrant les besoins nutritionnels spécifiques des populations en carence alimentaire. Le biscuit " Biskuat " de Danone, enrichi en calcium et vendu à bas prix (8 centimes d'euros) en Inde, est ainsi devenu un produit leader sur ce marché. Parmi ces " produits à prix populaires " vendus par Danone, le yaourt " Danimal " symbolise aujourd'hui une stratégie marketing adaptée au contexte local. Ce sont effet des femmes qui vendent ce yaourt enrichi en fer, en zinc et en calcium dans les bidonvilles d'Afrique du Sud pour 1 rand (15 centimes d'euro) l'unité, soit 30 % de moins qu'un yaourt classique. Les coûts sont réduits au maximum et le moyen de distribution employé permet d'accéder aux populations défavorisées des quartiers difficiles. Misant sur l'effet de masse, les groupes agroalimentaires espèrent ainsi pénétrer un marché à fort potentiel. A partir de 2008, Danone envisage de vendre entre 10 000 et 25 000 tonnes de Danimal par an. Des chiffres qui n'ont rien de surprenant : au Maroc, le " Moufid " est devenu le deuxième yaourt avec des ventes qui augmentent de 50% par an. We feed the world, le marché de la faim. Documentaire d'Erwin Wagenhofer. En salles depuis le 25 avril. Le marché de la faim, le livre du film We feed the world, par Erwin Wagenhoferenhofer et Max Annas, Actes Sud.

Un supermarché qui fonctionne grâce à l'énergie renouvelable c'est possible. Pour la première fois en France un magazin Super U situé à Thouars, dans les Deux Sèvres, aura un toit équipé de 2000 m2 de modules photovoltaïques, pouvant fournir 100 000 KWh d’électricité. Le magasin sera aussi équipé d'un système de récupération des eaux de pluie et d'un éclairage innovant à basse consommation.
Le super U de Thouars ouvrira ses portes en septembre 2007. Premier supermarché français doté d’une couverture photovoltaïque de 2000 m2, sur une surface totale de 3000 m2, l’installation produira environ 100 000 kWh, vendus à EDF à raison de 55 centimes d'euros le kWh. Le magasin comportera aussi un système de récupération des eaux de pluie, des tubes néons à basse consommation et des vitrines réfrigérantes sans éclairage interne. « Je pensais bien que l’on pouvait faire autre chose qu’une surface d’étanchéité sur le toit d’un supermarché », explique Jacky Barriet, propriétaire du magasin qui remplace le précédent. « Je ne voulais pas m’enfermer dans une logique seulement commerciale, et adopter un autre regard pour la conception de cette grande surface de 4500 m2 et 1200 m2 de galerie "raconte ce quadragénaire, diplômé d’un DUT de commerce. "Je me suis donné comme règle de ne pas consommer plus d’électricité que l’ancien magasin, soit 2,5 millions de kWh par an, avec un bâtiment deux fois plus grand. »
Jacky Barriet s’est adressé au bureau d’études ACE (Applications climatiques et électriques), qui a commencé à prospecter en 2004. « Je leur ai fait part de mes réflexions. Les solutions existantes pour les toitures de supermarché étaient peu nombreuses et inadaptées. Pour installer des panneaux classiques, il fallait réaliser une première couverture d’étanchéité et renforcer la structure de la charpente, pour tenir compte du poids supplémentaire. Et puis il y a un an et demi, je suis tombé sur un article de presse évoquant une membrane d’étanchéité avec des cellules photovoltaïques intégrées. J’ai contacté aussitôt le fabricant.» La membrane qui protège à la fois des intempéries et capte l’énergie du soleil, rassemble deux installations en une seule, et sa positon horizontale n’entraîne qu’une déperdition de 10% par rapport à des panneaux installés à 45°. Sa puissance est entre 85 kWc (Watt-crête, puissance fournie sous un ensoleillement de 1 000 W/m2 à 25 °C). Des chemins de passage séparent les modules tous les 50 centimètres. Seul problème : l’investissement nécessaire s'élevait à près d’un million d’euros et était trop élevé pour le directeur du magasin. « Le projet ne rentrait pas non plus dans le cadre prévu pour les aides aux projets photovoltaïques » confirme Blandine Allain, chargée de mission énergie solaire à l’Agence Poitou-Charentes énergie déchets eau (APCEDE).
Subventions écologiques
Dans la mesure où le supermarché intègre une démarche écologique globale, le projet a pu être intégré aux opérations exemplaires du Fond régional pour la maîtrise de l’énergie, les déchets et le développement durable, financé par l’Ademe Poitou-Charentes, la région et l’Europe (Feder). Il a ainsi bénéficié d’un financement de 20% du coût global du toit, soit 116 869 € HT. « Cette aide m’a permis de sortir de l’impasse financière" souligne Jacky Barriet. "Sans elle, je n’aurai pas pu réaliser ma démarche globale de respect de l’environnement. » Le surcoût lié à la membrane solaire sera amortie sur douze ans. Les tubes néons ont eux été équipés de « ballast électronique », qui réduisent de 25% leur consommation électrique, et augmentent de 50% leur durée de vie. Les éclairages des vitrines réfrigérées, qui augmentent les besoins énergétiques de production du froid, ont été retirés. Ils ont été remplacés par des luminaires extérieurs, équipés de déflecteurs asymétriques, qui renvoient la lumière vers les vitrines. « Quand on voit le résultat, on se demande pourquoi ce système n’est pas installé partout » s’interroge le directeur de l'établissement. L’installation d’un système de récupération des eaux de pluie a été autorisée par la direction départementale des affaires sanitaires et sociales (DDASS) à la condition qu’un agent de maintenance soit présent pour éviter le mélange de l’eau de ville avec celle du ciel. Une cuve de 150 m3, enterrée dans le sol, alimente les sanitaires et le système d’arrosage automatique des pelouses extérieures. Le trop-plein remplit une citerne anti-incendie de 550 m3 et fournit également l’eau de la station de lavage du supermarché. L'autonomie est d'environ cinq semaines. Même pour les fondations, il a été tenu compte du développement durable. La hauteur du bâtiment a été modifiée pour utiliser les remblais du précédent magasin construit sur le site et éviter leur évacuation par camion. Cette initiative fait déjà des émules. Un Hyper U en construction dans une autre commune, Saint-Hilaire-de-Riez, envisagerait de recouvrir son toit de 8000 m2 de capteurs photovoltaïques. Le président de Système U, Serge Papin, appuie la démarche et a fondé Ecovalor, système de récupération et de valorisation des déchets et de réduction des emballages des produits de marque U. .../...
Un supermarché qui fonctionne grâce à l'énergie renouvelable c'est possible. Pour la première fois en France un magazin Super U situé à Thouars, dans les Deux Sèvres, aura un toit équipé de 2000 m2 de modules photovoltaïques, pouvant fournir 100 000 KWh d’électricité. Le magasin sera aussi équipé d'un système de récupération des eaux de pluie et d'un éclairage innovant à basse consommation.
Le super U de Thouars ouvrira ses portes en septembre 2007. Premier supermarché français doté d’une couverture photovoltaïque de 2000 m2, sur une surface totale de 3000 m2, l’installation produira environ 100 000 kWh, vendus à EDF à raison de 55 centimes d'euros le kWh. Le magasin comportera aussi un système de récupération des eaux de pluie, des tubes néons à basse consommation et des vitrines réfrigérantes sans éclairage interne. « Je pensais bien que l’on pouvait faire autre chose qu’une surface d’étanchéité sur le toit d’un supermarché », explique Jacky Barriet, propriétaire du magasin qui remplace le précédent. « Je ne voulais pas m’enfermer dans une logique seulement commerciale, et adopter un autre regard pour la conception de cette grande surface de 4500 m2 et 1200 m2 de galerie "raconte ce quadragénaire, diplômé d’un DUT de commerce. "Je me suis donné comme règle de ne pas consommer plus d’électricité que l’ancien magasin, soit 2,5 millions de kWh par an, avec un bâtiment deux fois plus grand. »
Jacky Barriet s’est adressé au bureau d’études ACE (Applications climatiques et électriques), qui a commencé à prospecter en 2004. « Je leur ai fait part de mes réflexions. Les solutions existantes pour les toitures de supermarché étaient peu nombreuses et inadaptées. Pour installer des panneaux classiques, il fallait réaliser une première couverture d’étanchéité et renforcer la structure de la charpente, pour tenir compte du poids supplémentaire. Et puis il y a un an et demi, je suis tombé sur un article de presse évoquant une membrane d’étanchéité avec des cellules photovoltaïques intégrées. J’ai contacté aussitôt le fabricant.» La membrane qui protège à la fois des intempéries et capte l’énergie du soleil, rassemble deux installations en une seule, et sa positon horizontale n’entraîne qu’une déperdition de 10% par rapport à des panneaux installés à 45°. Sa puissance est entre 85 kWc (Watt-crête, puissance fournie sous un ensoleillement de 1 000 W/m2 à 25 °C). Des chemins de passage séparent les modules tous les 50 centimètres. Seul problème : l’investissement nécessaire s'élevait à près d’un million d’euros et était trop élevé pour le directeur du magasin. « Le projet ne rentrait pas non plus dans le cadre prévu pour les aides aux projets photovoltaïques » confirme Blandine Allain, chargée de mission énergie solaire à l’Agence Poitou-Charentes énergie déchets eau (APCEDE).
Subventions écologiques
Dans la mesure où le supermarché intègre une démarche écologique globale, le projet a pu être intégré aux opérations exemplaires du Fond régional pour la maîtrise de l’énergie, les déchets et le développement durable, financé par l’Ademe Poitou-Charentes, la région et l’Europe (Feder). Il a ainsi bénéficié d’un financement de 20% du coût global du toit, soit 116 869 € HT. « Cette aide m’a permis de sortir de l’impasse financière" souligne Jacky Barriet. "Sans elle, je n’aurai pas pu réaliser ma démarche globale de respect de l’environnement. » Le surcoût lié à la membrane solaire sera amortie sur douze ans. Les tubes néons ont eux été équipés de « ballast électronique », qui réduisent de 25% leur consommation électrique, et augmentent de 50% leur durée de vie. Les éclairages des vitrines réfrigérées, qui augmentent les besoins énergétiques de production du froid, ont été retirés. Ils ont été remplacés par des luminaires extérieurs, équipés de déflecteurs asymétriques, qui renvoient la lumière vers les vitrines. « Quand on voit le résultat, on se demande pourquoi ce système n’est pas installé partout » s’interroge le directeur de l'établissement. L’installation d’un système de récupération des eaux de pluie a été autorisée par la direction départementale des affaires sanitaires et sociales (DDASS) à la condition qu’un agent de maintenance soit présent pour éviter le mélange de l’eau de ville avec celle du ciel. Une cuve de 150 m3, enterrée dans le sol, alimente les sanitaires et le système d’arrosage automatique des pelouses extérieures. Le trop-plein remplit une citerne anti-incendie de 550 m3 et fournit également l’eau de la station de lavage du supermarché. L'autonomie est d'environ cinq semaines. Même pour les fondations, il a été tenu compte du développement durable. La hauteur du bâtiment a été modifiée pour utiliser les remblais du précédent magasin construit sur le site et éviter leur évacuation par camion. Cette initiative fait déjà des émules. Un Hyper U en construction dans une autre commune, Saint-Hilaire-de-Riez, envisagerait de recouvrir son toit de 8000 m2 de capteurs photovoltaïques. Le président de Système U, Serge Papin, appuie la démarche et a fondé Ecovalor, système de récupération et de valorisation des déchets et de réduction des emballages des produits de marque U. 
Le marché des droits d'émission de CO2 rate son entrée
- par Engeldivinci
La première étape du marché européen des droits d'émissions de gaz carbonique, qui s'achève en 2007, est "foutue", lâche avec dépit un proche collaborateur de Stavros Dimas, commissaire européen à l'environnement. "Il faut oublier cette première période", confirme, à Paris, Jean-François Conil-Lacoste, directeur général de Powernext, principale bourse d'échange de ces droits d'émissions.
Le constat fait désordre, au moment où l'Europe tâche de convaincre le Japon et les Etats-Unis d'adopter un mécanisme qu'elle présente comme l'un des leviers essentiels de la lutte contre les émissions de gaz carbonique, le CO2, principal gaz à effet de serre responsable du réchauffement du climat.
Sur ce marché, les firmes européennes de l'électricité, du papier, du ciment et de la sidérurgie qui émettent le plus de CO2 achètent leur droit à polluer aux usines les plus vertueuses. Avec l'aval de Bruxelles, chaque Etat membre de l'Union europénne (UE) définit des quotas d'émissions de CO2 pour quelque 9000 usines au total. Celles qui dépassent leurs quotas sont censées acheter des "tonnes de CO2" à celles qui ne les ont pas atteints.
DÉGRINGOLADE DU PRIX DE LA TONNE DE CO2
Sauf qu'au cours de la première période d'existence de ce marché, de 2005 à 2007, le prix de la tonne de CO2 "a tendu vers zéro", concède le directeur général de Powernext. Après avoir atteint 22 euros en janvier 2006, la valeur de ce droit d'émission n'a cessé de dégringoler, et plafonne aujourd'hui aux alentours de 90 centimes. "A un tel prix, il est hélas plus rationnel pour un industriel de payer à un prix dérisoire le droit à émettre du CO2, plutôt que de consentir de lourds investissements afin de transformer son usine", juge un expert de la commission à l'environnement.
"C'est normal, s'excuse Barbara Helfferich, porte-parole du commissaire européen à l'environnement, quand nous avons établi les quotas en 2004, les industriels ont transmis des évaluations exagérées de leurs émissions réelles." En 2006, d'après l'analyse de Powernext des données transmises par Bruxelles le 2 avril, les émissions finalement constatées ont été de 1,2 % inférieures aux quotas. Cela signifie que très peu d'usines ont émis plus que ce à quoi elles avaient droit.
Barbara Helfferich insiste : "Pour que ce marché ait un sens, il est nécessaire que les quotas soient sensiblement inférieurs aux émissions." La porte-parole reconnaît : "Ni les Etats ni la Commission n'ont sans doute pas été assez stricts." Même diagnostic du côté du directeur-général de Powernext, qui se montre toutefois magnanime. "Il ne s'agit pas d'une question de lobbying industriel", rassure M. Conil-Lacoste. "C'est juste qu'avant 2005, personne n'avait jamais mesuré systématiquement les émissions des usines européennes. On a dû faire au doigt mouillé", assure-t-il.
Sauf que malgré leur manque d'expérience, quelques gouvernements ont su avoir le doigt sagace. Trois Etats membres sur 27 (la Grande-Bretagne, l'Espagne et la Slovénie) ont été capables d'établir des quotas inférieurs à leurs émissions. Au contraire, les usines françaises ont émis en 2006 un peu plus de 118 millions de tonnes de CO2, alors le gouvernement français avait autorisé un quota de 150 millions de tonnes.
"ON VERRA BIEN"
Pour la seconde phase d'existence du marché d'échange des droits d'émission, qui commence en 2008 pour s'achever à la fin du protocole de Kyoto, en 2012, la Commission européenne a décidé d'être beaucoup plus sourcilleuse. La ministre de l'environnement française, Nelly Ollin, a dû faire un discret aller-retour à Bruxelles en hélicoptère, pour tenter de convaincre Bruxelles de la bonne volonté de la France en matière de changement climatique, relevait Le Monde du 29 mars. En vain : sur les 18 plans nationaux d'allocation de quotas soumis jusqu'ici à Bruxelles, quinze ont été revu à la baisse, dont celui de Paris. Résultat, les droits d'émission sont inférieurs en moyenne de 9 % à ceux défini pour la période 2005–2007, selon Powernext : 1,59 millions de tonnes de CO2, au lieu de 1,7 millions de tonnes.
Il est déjà possible d'acquérir des droits d'émission pour cette seconde période, sur des marchés à terme. La tonne de CO2 s'y négocie aux alentours de 15 euros, contre 0,80 euros aujourd'hui sur le marché au comptant. Une valeur plus élevée, qui permet Jean-François Conil-Lacoste de se dire optimiste pour la suite. Le directeur-général de Powernext se refuse toutefois à dire s'il s'agit d'un prix suffisant pour que les industriels se mettent à investir dans des usines dégageant moins de gaz carbonique.
Il est permis d'en douter. Les nouveaux droits d'émission de la France pour la période 2008-2012 s'élèvent à 132,8 millions de tonnes de CO2 par an. Un quota supérieur de 12,5 % aux 118 millions de tonnes émises par les usines de l'Hexagone en 2006. Même si d'ici à 2012, la croissance économique générera mécaniquement plus d'émissions, il n'y a pas de garantie que ces émissions approcheront cette fois les quotas, de manière à rendre le mécanisme du marché efficace, reconnaît M. Conil-Lacoste."On verra bien", convient le directeur-général de Powernext.
En attendant, de nombreux secteurs économiques qui émettent de gaz à effet de serre ne sont tenus par aucun quota : les transports, l'agriculture et l'essentiel de l'industrie chimique, pour ne citer que les principaux.
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La première étape du marché européen des droits d'émissions de gaz carbonique, qui s'achève en 2007, est "foutue", lâche avec dépit un proche collaborateur de Stavros Dimas, commissaire européen à l'environnement. "Il faut oublier cette première période", confirme, à Paris, Jean-François Conil-Lacoste, directeur général de Powernext, principale bourse d'échange de ces droits d'émissions.
Le constat fait désordre, au moment où l'Europe tâche de convaincre le Japon et les Etats-Unis d'adopter un mécanisme qu'elle présente comme l'un des leviers essentiels de la lutte contre les émissions de gaz carbonique, le CO2, principal gaz à effet de serre responsable du réchauffement du climat.
Sur ce marché, les firmes européennes de l'électricité, du papier, du ciment et de la sidérurgie qui émettent le plus de CO2 achètent leur droit à polluer aux usines les plus vertueuses. Avec l'aval de Bruxelles, chaque Etat membre de l'Union europénne (UE) définit des quotas d'émissions de CO2 pour quelque 9000 usines au total. Celles qui dépassent leurs quotas sont censées acheter des "tonnes de CO2" à celles qui ne les ont pas atteints.
DÉGRINGOLADE DU PRIX DE LA TONNE DE CO2
Sauf qu'au cours de la première période d'existence de ce marché, de 2005 à 2007, le prix de la tonne de CO2 "a tendu vers zéro", concède le directeur général de Powernext. Après avoir atteint 22 euros en janvier 2006, la valeur de ce droit d'émission n'a cessé de dégringoler, et plafonne aujourd'hui aux alentours de 90 centimes. "A un tel prix, il est hélas plus rationnel pour un industriel de payer à un prix dérisoire le droit à émettre du CO2, plutôt que de consentir de lourds investissements afin de transformer son usine", juge un expert de la commission à l'environnement.
"C'est normal, s'excuse Barbara Helfferich, porte-parole du commissaire européen à l'environnement, quand nous avons établi les quotas en 2004, les industriels ont transmis des évaluations exagérées de leurs émissions réelles." En 2006, d'après l'analyse de Powernext des données transmises par Bruxelles le 2 avril, les émissions finalement constatées ont été de 1,2 % inférieures aux quotas. Cela signifie que très peu d'usines ont émis plus que ce à quoi elles avaient droit.
Barbara Helfferich insiste : "Pour que ce marché ait un sens, il est nécessaire que les quotas soient sensiblement inférieurs aux émissions." La porte-parole reconnaît : "Ni les Etats ni la Commission n'ont sans doute pas été assez stricts." Même diagnostic du côté du directeur-général de Powernext, qui se montre toutefois magnanime. "Il ne s'agit pas d'une question de lobbying industriel", rassure M. Conil-Lacoste. "C'est juste qu'avant 2005, personne n'avait jamais mesuré systématiquement les émissions des usines européennes. On a dû faire au doigt mouillé", assure-t-il.
Sauf que malgré leur manque d'expérience, quelques gouvernements ont su avoir le doigt sagace. Trois Etats membres sur 27 (la Grande-Bretagne, l'Espagne et la Slovénie) ont été capables d'établir des quotas inférieurs à leurs émissions. Au contraire, les usines françaises ont émis en 2006 un peu plus de 118 millions de tonnes de CO2, alors le gouvernement français avait autorisé un quota de 150 millions de tonnes.
"ON VERRA BIEN"
Pour la seconde phase d'existence du marché d'échange des droits d'émission, qui commence en 2008 pour s'achever à la fin du protocole de Kyoto, en 2012, la Commission européenne a décidé d'être beaucoup plus sourcilleuse. La ministre de l'environnement française, Nelly Ollin, a dû faire un discret aller-retour à Bruxelles en hélicoptère, pour tenter de convaincre Bruxelles de la bonne volonté de la France en matière de changement climatique, relevait Le Monde du 29 mars. En vain : sur les 18 plans nationaux d'allocation de quotas soumis jusqu'ici à Bruxelles, quinze ont été revu à la baisse, dont celui de Paris. Résultat, les droits d'émission sont inférieurs en moyenne de 9 % à ceux défini pour la période 2005–2007, selon Powernext : 1,59 millions de tonnes de CO2, au lieu de 1,7 millions de tonnes.
Il est déjà possible d'acquérir des droits d'émission pour cette seconde période, sur des marchés à terme. La tonne de CO2 s'y négocie aux alentours de 15 euros, contre 0,80 euros aujourd'hui sur le marché au comptant. Une valeur plus élevée, qui permet Jean-François Conil-Lacoste de se dire optimiste pour la suite. Le directeur-général de Powernext se refuse toutefois à dire s'il s'agit d'un prix suffisant pour que les industriels se mettent à investir dans des usines dégageant moins de gaz carbonique.
Il est permis d'en douter. Les nouveaux droits d'émission de la France pour la période 2008-2012 s'élèvent à 132,8 millions de tonnes de CO2 par an. Un quota supérieur de 12,5 % aux 118 millions de tonnes émises par les usines de l'Hexagone en 2006. Même si d'ici à 2012, la croissance économique générera mécaniquement plus d'émissions, il n'y a pas de garantie que ces émissions approcheront cette fois les quotas, de manière à rendre le mécanisme du marché efficace, reconnaît M. Conil-Lacoste."On verra bien", convient le directeur-général de Powernext.
En attendant, de nombreux secteurs économiques qui émettent de gaz à effet de serre ne sont tenus par aucun quota : les transports, l'agriculture et l'essentiel de l'industrie chimique, pour ne citer que les principaux.

Energies renouvelables : les contrastes européens
- par Engeldivinci
L’Union européenne s’est fixé l’objectif d’atteindre 21% de consommation d'électricité provenant des énergies renouvelables en 2020. Selon un rapport de la Commission, la situation est considérablement différente d’un pays à l’autre et les prévisions tablent sur un taux de 18 à 19%.
Si les États membres ont mis en œuvre ces dernières années des politiques volontaristes pour développer les énergies renouvelables, il est difficile de savoir, à l’heure actuelle, si les objectifs européens seront atteints. Les experts évoquent un taux de 18 à 19% de consommation d'électricité produite à partir des énergies renouvelables en 2020 et non 21% comme l’exige la directive. Par ailleurs, l’objectif intermédiaire de 12 % d’ici 2010 ne sera probablement pas atteint, l’Union européenne espérant parvenir à 9 % pour cette échéance. La situation varie considérablement d'un État membre à l'autre, constate le rapport de la Commission. L'Allemagne, le Danemark, l'Espagne et la Finlande font partie des plus avancés et ont mis en œuvre une politique énergétique qui leur permettra vraisemblablement d'atteindre les objectifs européens. Pour l’éolien, l’Allemagne arrive en tête de la production, suivie par l’Espagne, et le Danemark, qui totalisent, à eux trois, 84% de la capacité de production européenne. Les énergies renouvelables pourraient ainsi fournir, dès 2020, un quart de l'alimentation électrique en Allemagne, permettant d’éviter l'émission de 110 millions de tonnes de CO2. La biomasse, qui représente un potentiel important pour la production d'électricité et de chaleur au sein de l’UE, reste en revanche insuffisamment exploitée. Elle souffre d’un manque de soutien financier et seuls le Danemark, la Finlande et le Royaume-Uni connaissent actuellement des courbes de croissance importantes pour cette source d'énergie. De même, la production d'électricité photovoltaïque est encore faible et ne pourra se développer qu’avec une véritable politique de soutien pour rentabiliser les investissements des producteurs. Le retard français
Très mal placée pour atteindre les objectifs 2010, la France fait partie des 6 pays les plus mal notés par le rapport de la Commission et reçoit la mention : « loin d’atteindre son engagement. Elle a en outre la particularité d’être dans les 5 pays européens dont la part d’énergie renouvelable a diminué même en normalisant le calcul, c’est-à-dire en tenant compte des aléa climatique telle les sécheresses et autres pannes de vent », souligne le Comité de Liaison des Energies Renouvelables (CLER). De fait, si la croissance des filières d'énergies renouvelables a été spectaculaire en 2005, c'est surtout parce que la France partait de très bas, avec moins d'une dizaine de Mégawatt issus du solaire photovoltaïque contre des centaines en Allemagne. Côté énergie éolienne, dont la puissance installée a augmenté de plus de 500 %, entre 2002 et 2005, la France atteignait 745 MW contre 20 000 en Allemagne. Même problème pour l’hydraulique : alors qu’elle détient le deuxième gisement hydrolien d’Europe et qu’elle possède le potentiel nécessaire pour remplacer trois ou quatre centrales nucléaires, les projets français attendent toujours l’indispensable soutien de l’Etat…Conséquence : les industriels français préfèrent investir à l’étranger.
Le manque de volontarisme de certains états membres (notamment la Grèce et le Portugal) est d’autant plus déconcertant que l’opinion publique européenne est largement favorable aux énergies renouvelables. Selon une enquête d'opinion Eurobaromètre, publiée le 9 janvier par la Commission européenne, les Européens s'expriment très largement en faveur du solaire (80 %), de l’éolien (71 %) et de l’hydroélectricité (65 %). Enfin, au plan économique, le marché des énergies renouvelables représenterait, selon le Programme des Nations Unis pour l’Environnement, entre 40 et 78 milliards de dollars par an d’ici 2010. (voir article lié) Le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) estime de son côté que les technologies liées à l’efficacité énergétique pourraient atteindre 87 milliards de dollars sur les trente prochaines années. Rappelons par ailleurs qu’en Europe, ce secteur devrait créer, à l’horizon 2010, 1 million d’emplois. .../...
L’Union européenne s’est fixé l’objectif d’atteindre 21% de consommation d'électricité provenant des énergies renouvelables en 2020. Selon un rapport de la Commission, la situation est considérablement différente d’un pays à l’autre et les prévisions tablent sur un taux de 18 à 19%.
Si les États membres ont mis en œuvre ces dernières années des politiques volontaristes pour développer les énergies renouvelables, il est difficile de savoir, à l’heure actuelle, si les objectifs européens seront atteints. Les experts évoquent un taux de 18 à 19% de consommation d'électricité produite à partir des énergies renouvelables en 2020 et non 21% comme l’exige la directive. Par ailleurs, l’objectif intermédiaire de 12 % d’ici 2010 ne sera probablement pas atteint, l’Union européenne espérant parvenir à 9 % pour cette échéance. La situation varie considérablement d'un État membre à l'autre, constate le rapport de la Commission. L'Allemagne, le Danemark, l'Espagne et la Finlande font partie des plus avancés et ont mis en œuvre une politique énergétique qui leur permettra vraisemblablement d'atteindre les objectifs européens. Pour l’éolien, l’Allemagne arrive en tête de la production, suivie par l’Espagne, et le Danemark, qui totalisent, à eux trois, 84% de la capacité de production européenne. Les énergies renouvelables pourraient ainsi fournir, dès 2020, un quart de l'alimentation électrique en Allemagne, permettant d’éviter l'émission de 110 millions de tonnes de CO2. La biomasse, qui représente un potentiel important pour la production d'électricité et de chaleur au sein de l’UE, reste en revanche insuffisamment exploitée. Elle souffre d’un manque de soutien financier et seuls le Danemark, la Finlande et le Royaume-Uni connaissent actuellement des courbes de croissance importantes pour cette source d'énergie. De même, la production d'électricité photovoltaïque est encore faible et ne pourra se développer qu’avec une véritable politique de soutien pour rentabiliser les investissements des producteurs. Le retard français
Très mal placée pour atteindre les objectifs 2010, la France fait partie des 6 pays les plus mal notés par le rapport de la Commission et reçoit la mention : « loin d’atteindre son engagement. Elle a en outre la particularité d’être dans les 5 pays européens dont la part d’énergie renouvelable a diminué même en normalisant le calcul, c’est-à-dire en tenant compte des aléa climatique telle les sécheresses et autres pannes de vent », souligne le Comité de Liaison des Energies Renouvelables (CLER). De fait, si la croissance des filières d'énergies renouvelables a été spectaculaire en 2005, c'est surtout parce que la France partait de très bas, avec moins d'une dizaine de Mégawatt issus du solaire photovoltaïque contre des centaines en Allemagne. Côté énergie éolienne, dont la puissance installée a augmenté de plus de 500 %, entre 2002 et 2005, la France atteignait 745 MW contre 20 000 en Allemagne. Même problème pour l’hydraulique : alors qu’elle détient le deuxième gisement hydrolien d’Europe et qu’elle possède le potentiel nécessaire pour remplacer trois ou quatre centrales nucléaires, les projets français attendent toujours l’indispensable soutien de l’Etat…Conséquence : les industriels français préfèrent investir à l’étranger.
Le manque de volontarisme de certains états membres (notamment la Grèce et le Portugal) est d’autant plus déconcertant que l’opinion publique européenne est largement favorable aux énergies renouvelables. Selon une enquête d'opinion Eurobaromètre, publiée le 9 janvier par la Commission européenne, les Européens s'expriment très largement en faveur du solaire (80 %), de l’éolien (71 %) et de l’hydroélectricité (65 %). Enfin, au plan économique, le marché des énergies renouvelables représenterait, selon le Programme des Nations Unis pour l’Environnement, entre 40 et 78 milliards de dollars par an d’ici 2010. (voir article lié) Le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) estime de son côté que les technologies liées à l’efficacité énergétique pourraient atteindre 87 milliards de dollars sur les trente prochaines années. Rappelons par ailleurs qu’en Europe, ce secteur devrait créer, à l’horizon 2010, 1 million d’emplois. 
EcoResp enrichit son livre blanc sur les éco-technologies
- par Engeldivinci
Au niveau européen, le marché des éco-entreprises, évalué à 550 milliards d’euros, connaît une forte croissance et représente potentiellement plusieurs millions d’emplois à l’horizon 2020. Le point avec Corinne Lepage, présidente de CAP 21.
Sur quoi portent les nouvelles propositions d’Ecoresp ? Nous avons enrichi le Livre blanc, qui est passé de 175 à 325 propositions, et ajouté deux volets, l’un sur l’aspect transversal de la question climatique et l’autre sur les territoires. « Ecoresp 2 » propose un véritable « new deal écologique », fondé sur le développement des éco-industries et l’accessibilité sociale des nouvelles technologiques vertes. 9 de nos propositions ont par ailleurs été reprises par le gouvernement depuis un an, notamment en matière de fiscalité, avec le CODEVI vert, mais également sur la prise en compte des critères environnementaux dans le code des marchés publics ou l’obligation d’achat d’énergie photovoltaïque par EDF. Quels domaines vous semblent prioritaires ? Nous formulons de nouvelles propositions dans 5 domaines phares, qui prennent en compte les foyers les plus modestes, car ce sont aussi ceux qui subissent le plus la hausse des prix du carburant, de l’électricité ou du chauffage. La première mesure vise par conséquent à instaurer une TVA à 5,5% pour les constructions de bâtiments neufs qui consomment moins de 30kw au m2 et 60 kw pour l’ancien. Nous proposons également un prêt à taux zéro pour financer les travaux liés à l’efficacité énergétique, dont le montant serait proportionnel aux résultats obtenus. La 3ème proposition consiste à orienter les aides agricoles de manière plus équitable et en privilégiant les productions durables et le maintien de l’emploi. Votre 4ème mesure demande la suppression des « subventions à la pollution ». C'est-à-dire ? Il faut mettre un terme aux subventions qui favorisent la dégradation de l’environnement, comme, par exemple, l’irrigation agricole ou l’exonération de la TIPP sur le kérosène et le charbon. Nous proposons donc la suppression, en 5 ans, des subventions aux secteurs des hydrocarbures, à l’agrochimie, etc…, ce qui permettrait de dégager à terme 5 milliards d’euros pour financer des entreprises éco-responsables. Notre 5ème mesure propose ensuite de soutenir les filières de ces nouveaux éco-métiers, qui représentent un potentiel de 200 000 à 300 000 emplois en France. Vous proposez que les régions s’adaptent aux changements climatiques. De quelle manière ? Réduire les émissions de CO2 est une nécessité, mais cela ne suffit pas. Les changements climatiques sont là, et il faut s’y adapter au niveau des territoires, qu’il s’agisse de choix agricoles, en donnant la priorité aux agricultures durables, ou de modalités de transports. La hausse prévisible du coût des transports amènera inévitablement une relocalisation de l’économie qu’il faut anticiper dès maintenant.
Vous préconisez la création d’ « éco-indicateurs », que peuvent-ils apporter ? D’une part, raisonner uniquement en terme de croissance ou de PNB n’est plus pertinent et d’autre part se contenter de connaître les bonnes pratiques environnementales ne suffit plus. Nous avons besoin d’indicateurs appropriés pour mesurer les performances environnementales des produits, services, et procédés pour permettre aux consommateurs, aux entreprises et aux pouvoirs publics de disposer d’outils opérationnels. Ces indicateurs permettent également de connaître la vérité écologique des coûts, comme par exemple les dépenses liées au réchauffement climatique et à l’émission de tous les polluants, à la santé par l’impact de la pollution, à la perte de biodiversité et à la réduction des services rendus par l’environnement. Les récentes mesures annoncées par le 1er ministre sur l’éco-fiscalité, permettront-elles de rattraper le retard français que vous dénoncez ? Ces mesures vont dans le bon sens mais restent insuffisantes. Pour rattraper ce retard, il faut permettre aux PME travaillant dans les éco-technologies de se développer. Des pays comme l’Allemagne, l’Espagne ou le Japon l’ont bien compris et ont acquis un leadership dans les énergies renouvelables, par exemple. Si la France prenait la peine d’anticiper les réglementations européennes dans ce domaine, au lieu de les appliquer in extremis, elle pourrait donner des aides d’Etat à ces nouvelles filières pour leur permettre de se développer. Le retard pris dans la transposition des directives européennes en matière d’environnement freine le développement de secteurs comme la chimie verte, les énergies propres ou la valorisation des déchets, entre autres.
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Au niveau européen, le marché des éco-entreprises, évalué à 550 milliards d’euros, connaît une forte croissance et représente potentiellement plusieurs millions d’emplois à l’horizon 2020. Le point avec Corinne Lepage, présidente de CAP 21.
Sur quoi portent les nouvelles propositions d’Ecoresp ? Nous avons enrichi le Livre blanc, qui est passé de 175 à 325 propositions, et ajouté deux volets, l’un sur l’aspect transversal de la question climatique et l’autre sur les territoires. « Ecoresp 2 » propose un véritable « new deal écologique », fondé sur le développement des éco-industries et l’accessibilité sociale des nouvelles technologiques vertes. 9 de nos propositions ont par ailleurs été reprises par le gouvernement depuis un an, notamment en matière de fiscalité, avec le CODEVI vert, mais également sur la prise en compte des critères environnementaux dans le code des marchés publics ou l’obligation d’achat d’énergie photovoltaïque par EDF. Quels domaines vous semblent prioritaires ? Nous formulons de nouvelles propositions dans 5 domaines phares, qui prennent en compte les foyers les plus modestes, car ce sont aussi ceux qui subissent le plus la hausse des prix du carburant, de l’électricité ou du chauffage. La première mesure vise par conséquent à instaurer une TVA à 5,5% pour les constructions de bâtiments neufs qui consomment moins de 30kw au m2 et 60 kw pour l’ancien. Nous proposons également un prêt à taux zéro pour financer les travaux liés à l’efficacité énergétique, dont le montant serait proportionnel aux résultats obtenus. La 3ème proposition consiste à orienter les aides agricoles de manière plus équitable et en privilégiant les productions durables et le maintien de l’emploi. Votre 4ème mesure demande la suppression des « subventions à la pollution ». C'est-à-dire ? Il faut mettre un terme aux subventions qui favorisent la dégradation de l’environnement, comme, par exemple, l’irrigation agricole ou l’exonération de la TIPP sur le kérosène et le charbon. Nous proposons donc la suppression, en 5 ans, des subventions aux secteurs des hydrocarbures, à l’agrochimie, etc…, ce qui permettrait de dégager à terme 5 milliards d’euros pour financer des entreprises éco-responsables. Notre 5ème mesure propose ensuite de soutenir les filières de ces nouveaux éco-métiers, qui représentent un potentiel de 200 000 à 300 000 emplois en France. Vous proposez que les régions s’adaptent aux changements climatiques. De quelle manière ? Réduire les émissions de CO2 est une nécessité, mais cela ne suffit pas. Les changements climatiques sont là, et il faut s’y adapter au niveau des territoires, qu’il s’agisse de choix agricoles, en donnant la priorité aux agricultures durables, ou de modalités de transports. La hausse prévisible du coût des transports amènera inévitablement une relocalisation de l’économie qu’il faut anticiper dès maintenant.
Vous préconisez la création d’ « éco-indicateurs », que peuvent-ils apporter ? D’une part, raisonner uniquement en terme de croissance ou de PNB n’est plus pertinent et d’autre part se contenter de connaître les bonnes pratiques environnementales ne suffit plus. Nous avons besoin d’indicateurs appropriés pour mesurer les performances environnementales des produits, services, et procédés pour permettre aux consommateurs, aux entreprises et aux pouvoirs publics de disposer d’outils opérationnels. Ces indicateurs permettent également de connaître la vérité écologique des coûts, comme par exemple les dépenses liées au réchauffement climatique et à l’émission de tous les polluants, à la santé par l’impact de la pollution, à la perte de biodiversité et à la réduction des services rendus par l’environnement. Les récentes mesures annoncées par le 1er ministre sur l’éco-fiscalité, permettront-elles de rattraper le retard français que vous dénoncez ? Ces mesures vont dans le bon sens mais restent insuffisantes. Pour rattraper ce retard, il faut permettre aux PME travaillant dans les éco-technologies de se développer. Des pays comme l’Allemagne, l’Espagne ou le Japon l’ont bien compris et ont acquis un leadership dans les énergies renouvelables, par exemple. Si la France prenait la peine d’anticiper les réglementations européennes dans ce domaine, au lieu de les appliquer in extremis, elle pourrait donner des aides d’Etat à ces nouvelles filières pour leur permettre de se développer. Le retard pris dans la transposition des directives européennes en matière d’environnement freine le développement de secteurs comme la chimie verte, les énergies propres ou la valorisation des déchets, entre autres.

Le miscanthus, combustible biomasse prometteur
- par Engeldivinci
Nom : miscanthus giganteus. Origine : Asie. Particularité : culture énergétique idéale pour la production de chaleur et d’électricité. En France, cette plante vivace vient pour la première fois de passer du stade expérimental à la production commerciale. La société britannique Bical vient de réaliser sa première récolte, en association avec des agriculteurs bretons. Biomasse combustible, litière pour animaux, panneaux de particule, éthanol, éco-construction… Les débouchés du miscanthus giganteus sont multiples. Cette plante, également appelée "herbe à éléphant", pourrait jouer un rôle majeur dans le développement de la biomasse énergétique. En France, la toute première récolte, destinée au marché industriel, a eu lieu en Bretagne, au printemps dernier. 500 tonnes de ce simili-bambou ont été coupées par une ensileuse, sur une surface de 40 hectares. Un rendement de 12, 5 t/ ha, qui peut atteindre plus de 20t/ha selon la maturité de la plante et les conditions climatiques. La plantation a été réalisée en 2004 par Bical France, filiale de Biomass Industrial Crops Ltd (Bical), qui produit déjà 400 000 t/an au Royaume-Uni. Cette société, fondée par des agriculteurs britanniques en 1998, est le premier fournisseur européen de miscanthus (sur une petite dizaine d’entreprises). Elle a dégagé un chiffre d’affaires de 6 millions d’euros en 2005. Pour s’implanter en France, Bical s’est associée à des agriculteurs locaux, à Bannalec, dans le Finistère, puis à Voves, en Eure-et-Loir. "Nous fonctionnons selon un système coopératif. Tous les exploitants associés possèdent une part du capital de Bical France. Nous souhaitons leur permettre d’obtenir un revenu régulier et décent," explique Emmanuel de Maupeou, directeur général. Un pouvoir calorifique étonnant La totalité de la production a été achetée par le groupe Lafarge Ciments, séduit par l’étonnant pouvoir calorifique du miscanthus, plus élevé que la plaquette de bois. Son PCI (pouvoir calorifique inférieur) est en effet d’environ 4700 kWh/t, contre 3300 pour la plaquette, ce qui le rend très rentable, selon Bical. Créé en Asie à partir des miscanthus sinensis et sacchariflorus, cette graminée hybride peut remplacer jusqu’à 50% du charbon dans une centrale électrique ou une chaudière industrielle, sans modification technique. Il peut aussi se substituer au bois-énergie des chaudières et poêles individuels. Lors de sa combustion, il émet moins de dioxyde de carbone (CO2) qu’il n’a emmagasiné, car une partie de ce dernier est stocké dans ses rhizomes, des tiges souterraines capables d’engendrer de nouvelles pousses. Un bon point pour les industriels qui veulent préserver leur capital de crédits carbone. Jusqu’à l’arrivée de Bical en France, le miscanthus n’était cultivé que dans le cadre d’expériences scientifiques, alors qu’il a atteint le stade commercial en Grande-Bretagne et dans plusieurs pays européens. L’Institut national de la recherche agronomique (Inra) a procédé à des essais en plein champ, et étudié, avec la société Kalys, à Roubaix, les moyens de réduire le coût de production des pieds de miscanthus. Conclusion : la culture in vitro, le bouturage et la plantation en terre sont compatibles avec les objectifs d’économie agricole. "Aucune maladie ni ravageurs connus" La plantation de l’herbe à éléphant nécessite cependant des moyens financiers et humains importants, car elle n’est pas mécanisable. Les plants doivent être mis en terre à la main, dans un sol aéré et creusé de sillons. La première année, l’élimination des adventices (les mauvaises herbes) est nécessaire pour permettre au miscanthus de bien prendre racine et grâce à ses rhizomes produira de nouvelles tiges aériennes au cours des années suivantes. Le désherbage peut être assuré mécaniquement, au moyen d’une herse, ou chimiquement. Bical a choisi cette dernière solution. "Nous utilisons un désherbant homologué uniquement la première année, car à partir de la deuxième année, les feuilles se dessèchent au début de l’hiver et tombent sur le sol, constituant un nutriment naturel et empêchant l’apparition des adventices, précise le directeur général. Nous n’utilisons pas non plus de fongicide ni d’insecticide, puisqu’il n’existe aucune maladie ni ravageurs connus, à part les blaireaux." L’herbe à éléphant abrite d’ailleurs de nombreux animaux, dont la nidification n’est pas perturbée par la moisson, réalisée en mars, sur un sol sec ou encore gelé, pendant le début du nouveau cycle de pousse. Culture pérenne, le miscanthus repousse naturellement, et peut être exploité sur une période de 5 à 18 ans. Il peut atteindre une hauteur de 4 mètres. Et comme il est stérile, le risque de dissémination est nul. Reconversion de terrains pollués en Ile-de-France Plusieurs études ont mis en évidence sa capacité à croître en terrains agricoles ou industriels pollués. Dès 1992, deux chercheurs japonais démontraient sa grande tolérance face à de fortes proportions de métaux lourds dans le sol, et son faible taux d’accumulation de cadmium dans ses feuilles (1,75 mg/kg). Des résultats confirmés en France par les études de l’Inra, qui participe à la reconversion des anciens champs d’épandage de l’agglomération parisienne vers des filières agricoles. L’opération de 750 000€ implique le conseil régional d’Ile-de-France, et doit durer cinq ans, de 2006 à 2011. Le miscanthus sera testé au même titre que d’autres végétaux (seigle, taillis à rotation rapide…). Objectif : "retrouver, en cinq ans, sur ce secteur pollué, un nouveau système d'activités agricoles durables, axées sur des productions à des fins non alimentaires," indique un rapport de la Région de mai 2006. Même si les qualités du miscanthus sont reconnues, le coût de sa mise en œuvre, la concurrence des autres énergies renouvelables et la difficulté de convaincre les agriculteurs sont autant de freins à son développement. Mais pour Emmanuel de Maupeou, la principale barrière est "psychologique". "Un certain nombre d’environnementalistes réprouvent l’arrivée d’une plante non-indigène, mais ils oublient que c’est aussi le cas du maïs ou de la pomme de terre." .../...
Nom : miscanthus giganteus. Origine : Asie. Particularité : culture énergétique idéale pour la production de chaleur et d’électricité. En France, cette plante vivace vient pour la première fois de passer du stade expérimental à la production commerciale. La société britannique Bical vient de réaliser sa première récolte, en association avec des agriculteurs bretons. Biomasse combustible, litière pour animaux, panneaux de particule, éthanol, éco-construction… Les débouchés du miscanthus giganteus sont multiples. Cette plante, également appelée "herbe à éléphant", pourrait jouer un rôle majeur dans le développement de la biomasse énergétique. En France, la toute première récolte, destinée au marché industriel, a eu lieu en Bretagne, au printemps dernier. 500 tonnes de ce simili-bambou ont été coupées par une ensileuse, sur une surface de 40 hectares. Un rendement de 12, 5 t/ ha, qui peut atteindre plus de 20t/ha selon la maturité de la plante et les conditions climatiques. La plantation a été réalisée en 2004 par Bical France, filiale de Biomass Industrial Crops Ltd (Bical), qui produit déjà 400 000 t/an au Royaume-Uni. Cette société, fondée par des agriculteurs britanniques en 1998, est le premier fournisseur européen de miscanthus (sur une petite dizaine d’entreprises). Elle a dégagé un chiffre d’affaires de 6 millions d’euros en 2005. Pour s’implanter en France, Bical s’est associée à des agriculteurs locaux, à Bannalec, dans le Finistère, puis à Voves, en Eure-et-Loir. "Nous fonctionnons selon un système coopératif. Tous les exploitants associés possèdent une part du capital de Bical France. Nous souhaitons leur permettre d’obtenir un revenu régulier et décent," explique Emmanuel de Maupeou, directeur général. Un pouvoir calorifique étonnant La totalité de la production a été achetée par le groupe Lafarge Ciments, séduit par l’étonnant pouvoir calorifique du miscanthus, plus élevé que la plaquette de bois. Son PCI (pouvoir calorifique inférieur) est en effet d’environ 4700 kWh/t, contre 3300 pour la plaquette, ce qui le rend très rentable, selon Bical. Créé en Asie à partir des miscanthus sinensis et sacchariflorus, cette graminée hybride peut remplacer jusqu’à 50% du charbon dans une centrale électrique ou une chaudière industrielle, sans modification technique. Il peut aussi se substituer au bois-énergie des chaudières et poêles individuels. Lors de sa combustion, il émet moins de dioxyde de carbone (CO2) qu’il n’a emmagasiné, car une partie de ce dernier est stocké dans ses rhizomes, des tiges souterraines capables d’engendrer de nouvelles pousses. Un bon point pour les industriels qui veulent préserver leur capital de crédits carbone. Jusqu’à l’arrivée de Bical en France, le miscanthus n’était cultivé que dans le cadre d’expériences scientifiques, alors qu’il a atteint le stade commercial en Grande-Bretagne et dans plusieurs pays européens. L’Institut national de la recherche agronomique (Inra) a procédé à des essais en plein champ, et étudié, avec la société Kalys, à Roubaix, les moyens de réduire le coût de production des pieds de miscanthus. Conclusion : la culture in vitro, le bouturage et la plantation en terre sont compatibles avec les objectifs d’économie agricole. "Aucune maladie ni ravageurs connus" La plantation de l’herbe à éléphant nécessite cependant des moyens financiers et humains importants, car elle n’est pas mécanisable. Les plants doivent être mis en terre à la main, dans un sol aéré et creusé de sillons. La première année, l’élimination des adventices (les mauvaises herbes) est nécessaire pour permettre au miscanthus de bien prendre racine et grâce à ses rhizomes produira de nouvelles tiges aériennes au cours des années suivantes. Le désherbage peut être assuré mécaniquement, au moyen d’une herse, ou chimiquement. Bical a choisi cette dernière solution. "Nous utilisons un désherbant homologué uniquement la première année, car à partir de la deuxième année, les feuilles se dessèchent au début de l’hiver et tombent sur le sol, constituant un nutriment naturel et empêchant l’apparition des adventices, précise le directeur général. Nous n’utilisons pas non plus de fongicide ni d’insecticide, puisqu’il n’existe aucune maladie ni ravageurs connus, à part les blaireaux." L’herbe à éléphant abrite d’ailleurs de nombreux animaux, dont la nidification n’est pas perturbée par la moisson, réalisée en mars, sur un sol sec ou encore gelé, pendant le début du nouveau cycle de pousse. Culture pérenne, le miscanthus repousse naturellement, et peut être exploité sur une période de 5 à 18 ans. Il peut atteindre une hauteur de 4 mètres. Et comme il est stérile, le risque de dissémination est nul. Reconversion de terrains pollués en Ile-de-France Plusieurs études ont mis en évidence sa capacité à croître en terrains agricoles ou industriels pollués. Dès 1992, deux chercheurs japonais démontraient sa grande tolérance face à de fortes proportions de métaux lourds dans le sol, et son faible taux d’accumulation de cadmium dans ses feuilles (1,75 mg/kg). Des résultats confirmés en France par les études de l’Inra, qui participe à la reconversion des anciens champs d’épandage de l’agglomération parisienne vers des filières agricoles. L’opération de 750 000€ implique le conseil régional d’Ile-de-France, et doit durer cinq ans, de 2006 à 2011. Le miscanthus sera testé au même titre que d’autres végétaux (seigle, taillis à rotation rapide…). Objectif : "retrouver, en cinq ans, sur ce secteur pollué, un nouveau système d'activités agricoles durables, axées sur des productions à des fins non alimentaires," indique un rapport de la Région de mai 2006. Même si les qualités du miscanthus sont reconnues, le coût de sa mise en œuvre, la concurrence des autres énergies renouvelables et la difficulté de convaincre les agriculteurs sont autant de freins à son développement. Mais pour Emmanuel de Maupeou, la principale barrière est "psychologique". "Un certain nombre d’environnementalistes réprouvent l’arrivée d’une plante non-indigène, mais ils oublient que c’est aussi le cas du maïs ou de la pomme de terre." 
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