L'Alterglobalisation ?
Alterglobalisation signifie littéralement une "autre globalisation" des échanges, des marchandises, des flux humains ou fiananciers.

Ces échanges loin d'être satisfaisants sur la forme et le fond ne cessent de se voir dénoncer notamment par les mouvements altermondialistes. Ce que défends Alterglobalisation, ce n'est pas la limitation voire même la suppression de ces échanges, mais au contraire leurs transformations à travers des alternatives existantes.
C'est pourquoi le site défend l'économie solidaire, dite aussi socialement responsable, incluant d'autres critères que la pure logique financière des marchés, à savoir un commerce équitable pour les deux parties, des échanges soucieux du développement durable ou encore du respect des droits de l'homme.

La globalisation des échanges est peut être inévitable, voire même souhaitable si l'on considère le commerce comme le meilleur moyen de pacification, mais elle se doit de respecter avant tout la richesse de la diversité humaine...


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Si le but de la vie, c'est de transformer le négatif en positif, l'économie est probablement le meilleur moyen d’y parvenir. En se décomposant sous forme de règles gouvernant les masses, elle traduit la nature humaine dans toute sa diversité. Elle permet de dévoiler le cadre de notre avenir, sans rien éluder des difficultés rencontrées, des défauts inhérents à la nature humaine.

Cette simple constatation conduit à deux axes fondamentaux pour notre avenir.

D’une part, il serait illusoire de penser que la nature humaine prendra un jour conscience de sa propre richesse, pour s’acheminer vers un altruisme semblant la solution au problème de la race humaine ; elle-même. Il ne faut pas se voiler la face : la chute du communisme a montré qu’au-delà de la victoire du capitalisme, l’homme demeure un loup pour l’homme, dans le sens où il privilégiera toujours son intérêt personnel, vis-à-vis de celui de l’ensemble de la communauté.

D’autre part, l’économie nous apprends aussi que le jeu des égoïsmes particuliers définie les tendances globales, et donc l’avenir du commun des mortels que nous sommes.
A la moindre échelle, où nous demeurons la plupart du temps, cela ne pose pas de problème spécifique outre que la survie au quotidien. Le problème se pose lorsqu’on réfléchie à l’avenir que l’on désire construire.
Comment profiter aussi largement d’une économie mondialisé, où le plus important est de se situer dans le bon tiers de la population, le tiers développé, celui qui assure la survie, alors qu’au même moment cette même économie florissante repose sur l'exploitation de la pauvreté de populations, auxquelles on ne peut prêter qu’un oeil fataliste.



Plutôt que de prôner des mesures radicales, voire même révolutionnaires, l’altermondialisme ne se devrait-il pas de partir de la situation actuelle, pour réfléchir aux infléchissements possibles des politiques mondiales ? On semble dénoncer unanimement le libéralisme comme le grand fléau, pourtant se doit-on de rappeler, qu’il n’existe à ce jour pas d’alternative viable ?


Ne serait-il pas possible de réfléchir à un libéralisme, où toutes les parties ressortiraient bénéficiaires de l’échange ? Il existe des pistes de réflexion portant sur l’encadrement des marchés par des normes et des règles, afin de tenir compte des intérêts de tout un chacun, tout en laissant le libre-jeu des marchés. Des solutions nécessitant un véritable engagement, non pas altruiste mais politique, existent. Des pistes alliant le respect de l'environnement au libre-jeu des marchés sont envisageables, car elles sont source d'enrichissement potentielle.

N’en ressortirions-nous pas grandis, si on savait que l’on peut se permettre de gagner des marchés, de générer des ressources dans les domaines, où chacun a le plus d’aptitudes, tout en perennisant l'avenir des générations futures ? Cet idéal conciliant la réalisation professionnelle et personnelle ne serait-il pas la solution à un système ayant perdu son sens ?

Le mouvement altermondialiste exprime simplement l'angoisse, que l'avenir est actuellement compromis par l'activité humaine, si les choses ne changent pas. Or, il semble que le désespoir survienne lorsque l'avenir disparaît...

Engeldivinci


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La mondialisation à visage humain - par Engeldivinci le 31/10/2007 @ 19:04

Lille lance son Forum mondial de l’économie responsable


A l’heure où le Grenelle de l’environnement entre dans sa dernière ligne droite, aujourd’hui et demain à Paris, Lille s’affiche comme «la capitale mondiale de l’économie responsable», selon les mots de Philippe Vasseur. L’ancien journaliste et ministre, devenu banquier, est à l’origine du Forum mondial de l’économie responsable, qui se tiendra chaque année dans la métropole nordiste, jusqu’en 2010.


La ville accueille ainsi, depuis hier et jusqu’à jeudi, une première session de «rencontres internationales pour la diversité et l’égalité des chances pour l’emploi», où 2 000 congressistes étaient attendus au palais du Nouveau Siècle. Deux autres forums suivront: «nourrir et protéger la planète» en 2008, «finances responsables et solidaires » en 2009. Enfin, en 2010, une Convention mondiale sur la Responsabilité sociale et environnementale (RSE) clôturera le cycle, qui réunira 6000 à 8000 participants en vue de rédiger un «manifeste mondial pour l’économie responsable».


De nombreuses femmes sont invitées cette semaine: l’Iranienne Shirin Ebadi, prix Nobel de la paix 2003, l’Américaine Cheryl Womack, dont le réseau d’entreprises dirigées par des femmes emploie 540000 personnes dans le monde, ou encore la Jordanienne Arije Al-Amad, dont le fonds a octroyé 86000 prêts à 33 000 femmes dans son pays. Nicole Notat, présidente de l’agence de notation sociale Vigéo et ex-secrétaire générale de la CFDT, a convaincu Guy Ryder, secrétaire général de la Confédération syndicale internationale (qui regroupe 306 syndicats dans 154 pays) de participer au forum. Sont aussi invités, outre 200 lycéens du Nord-Pas-de-Calais, 50 jeunes étrangers: Chinois, Indiens, Argentins, Australiens, Brésiliens…


L’ancien journaliste pense que «le grand reportage commence au coin de sa rue». Il mise donc sur l’exemplarité des témoignages, des histoires locales et concrètes qui seront rapportées durant ces trois jours. «Par exemple deux Brésiliens, l’un aveugle, l’autre en fauteuil, vont évoquer un modèle remarquable pour la prise en compte des handicaps.»


Réconcilier le développement économique, l’équité sociale et le respect de l’environnement, telle est l’idée de Philippe Vasseur lorsqu’il prend, en 2006, la présidence d’Alliances, un réseau de 250 grandes entreprises nordistes préoccupées, justement, par la RSE.
«Je suis pour l’économie de marchémais en surveillant les excès, en évitant les injustices», affirme le président du Crédit Mutuel du Nord, qui dénonce «cette espèce de dérive spéculative qui veut gagner un maximum d’argent dans un minimum de temps et qui est destructrice à terme pour l’économie».


Une vision de plus en plus partagée, affirme-t-il. Pour des motivations certes diverses, comme le montre une étude, menée auprès de 440 dirigeants d’entreprises françaises par le cabinet PWC, pour l’Institut français des administrateurs.
«A la question “négliger la RSE constitue-t-il un risque?”,

93 % ont répondu oui pour l’image et la réputation de l’entreprise, 75 % oui pour la performance de l’entreprise,et 55 % oui pour son cours de bourse», raconte Philippe Vasseur.

Fort de ce pragmatisme patronal, restait à imposer l’idée ambitieuse d’un forum mondial sur quatre ans, à Lille. «Nous avons été candidats aux Jeux olympiques, puis capitale culturelle 2004. Et cette région possède une antériorité dans la culture d’innovation sociale», souligne son promoteur.


La ville, la Communauté urbaine de Lille et la Région ont financé le projet, aux côtés d’entreprises nordistes, comme Auchan, Adeo (Leroy-Merlin) ou Bonduelle, mais aussi de Suez, la Mondiale, la Caisse d’Epargne, Air France et du pétrolier brésilien Petrobras.
«Nous sommes passés directement du régional à l’international, s’enthousiasme l’ancien député du Pas-de-Calais. Nous préférons raisonner en termes de connexions entre territoires régionaux.»

Cet esprit transfrontalier se manifeste dans une collaboration étroite avec les Belges. Le collège d’experts du Forum sera animé par un néerlandophone polyglotte, Geert Demuijnk, directeur du Centre de recherche en éthique économique de l’université catholique de Lille, qui enseigne aussi à Louvain-la-Neuve et à l’Edhec Lille. «Il a un réseau international magnifique qui a complété nos invitations», se félicite Philippe Vasseur. «La France pense être à la pointe du social; nous allons découvrir que chaque domaine peut avoir un modèle supérieur dans des pays que nous regardons avec condescendance», conclut le fondateur du Forum.

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Des microalgues pour produire des biocarburants - par Engeldivinci le 26/09/2007 @ 12:20

La France se lance dans la course aux carburants à partir d'algues. Un programme de recherche, réunissant sept laboratoires et une PME, vise la production d’huiles extraites des algues microscopiques présentes dans le plancton. Ces microalgues offrent un rendement en biocarburant 30 fois supérieur aux oléagineux, sans menacer l’environnement ni concurrencer les cultures alimentaires.

Alors que l’Europe s’est fixé un objectif contraignant de 10 % de biocarburants dans les transports d’ici 2020, il s’avère que la production de biocarburant à base de tournesol, de soja ou de canne à sucre engendre des coûts de production élevés et un impact environnemental important. Les microalgues offrent à ce titre une alternative : elles possèdent un potentiel de développement bien plus élevé, ne concurrencent pas les cultures alimentaires et n’ont pas besoin de produits phytosanitaires. Pour la première fois en France, une équipe de chercheurs de sept laboratoires et une PME se sont lancés, en décembre 2006, dans un projet de production de biocarburant sous forme d’ester de méthyl, à partir de microalgues. Dénommée Shamash, une divinité babylonienne représentée par un soleil dans une roue (une métaphore du biocarburant), cette initiative est soumise à l’Agence nationale de la recherche (ANR) dans le cadre de son programme national de recherche sur les bioénergies. Le potentiel est considérable : on estime en effet qu’il existe entre 200 000 et plusieurs millions d’espèces d’algues. Les microalgues, que l’on trouve dans le plancton, peuvent accumuler des acides gras représentant jusqu’à 50% de leur poids sec, ce qui permet d'envisager un rendement en biocarburant 30 fois supérieur aux espèces oléagineuses terrestres, les inconvénients en moins..
« Nous pourrions parvenir, en milieu contrôlé à atteindre des 30 tonnes par hectare (ha) et par an, contre 3 à 4 tonnes pour du colza ou du tournesol », explique Jean-Paul Cadoret, chef du laboratoire physiologie et biotechnologie des algues de l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) de Nantes. Sur ce site, huit souches à forte productivité en acide gras sont cultivées dans des réacteurs en verre, éclairés en permanence par des tubes néon. « Selon nos calculs, nous pourrions produire 24 000 litres d’huile par hectare et par an, contre 1500 litres pour du colza ou 6000 litres pour du palmier. »
Shamash est doté d’un budget de 2,8 millions d’euros par an. Labellisé par le pôle de compétitivité Mer de la région Provence-Alpes-Côtes d’Azur, il intègre des spécialistes de la culture, de la physiologie et de l’utilisation des microalgues, des experts de l’optimisation des procédés biotechnologiques ainsi que des spécialistes des biocarburants, de l’extraction et de la purification des lipides.

« Des réserves de lipides allant jusqu’à 70% de leur masse »

« La particularité de certaines espèces de microalgues est de produire des réserves de lipides allant jusqu’à 70% de leur masse lorsqu’elles sont soumises à des stress comme la privation d’azote ou une augmentation brutale de la lumière », explique Olivier Bernard, chargé de recherche à l’INRIA. Cultivées dans de longs tubes en verre ou dans des bassins en bordure de mer, les microalgues offrent une récolte en continu, même si la production diminue un peu en hiver. Elles contiennent en outre des coproduits valorisables en pharmacie (vitamines, sucres), en industrie (silice, pigments) et en agriculture (engrais). « La médecine s’intéresse à leurs polysaccharides pour la reconstruction osseuse, et elles peuvent aussi fournir des Oméga 3 et des antioxydants à l’industrie agroalimentaire », souligne Jean-Paul Cadoret.

Les microalgues peuvent absorber le CO2

Autre bénéfice environnemental : en les couplant à une installation industrielle ou une station d’épuration, les microalgues peuvent absorber le CO2 , et se nourrir des rejets (azote, phosphate, nitrates) pour augmenter leur production de lipides. Les microalgues pourraient ainsi servir de « piège à carbone » pour des centrales thermiques au charbon, comme c’est déjà le cas dans une installation aux Etats-Unis. Dans ce pays, les recherches sur les microalgues avaient été lancées il y a une vingtaine d’années, puis stoppées par l’administration Bush au début des années 1990. D’autres pays, tels que le Japon, l’Allemagne, l’Espagne, le Royaume-Uni ou la Chine se sont aussi lancés dans la course. Au Canada, le gouvernement vient de créer le Centre I-Can qui vise à absorber jusqu’à 100 millions de tonnes de CO2, provenant de l’industrie, par la culture de microalgues, transformées ensuite en biocombustibles ou en gaz naturel renouvelable. Biofuel Systems SL, une entreprise espagnole, a déclaré récemment qu’elle pourrait être en mesure de produire du biocarburant à base de microalgues fin 2007.
Shamash n’en est pas encore là. « Les prochaines étapes seront la sélection des meilleures souches, la recherche d’un site pour installer des bassins de culture, le lancement d’une étude pilote de culture sur 1000 m2, l’analyse économique de production, et les vérifications en terme de propriété industrielle », annonce Jean-Paul Cadoret.
Il reste à espérer que le projet Shamash permettra à la France de rattraper son retard dans ce domaine, où les spécialistes des microalgues sont nombreux, mais où il n’existe pas pour l’instant de travaux de recherche publiés dans ce domaine. Un des objectifs du programme Shamash est donc aussi de fédérer une masse critique de chercheurs autour des biocarburants à base de microalgues.

La production de biocarburants a un impact direct sur le prix mondial des céréales, selon un rapport du département américain de l'agriculture (USDA). Les besoins croissants en éthanol de maïs aux Etats-Unis vont progressivement bousculer les marchés de la céréale de même qu’en Europe, la demande de biodiesel fera s’envoler les cours mondiaux des oléagineux. Conséquence : l’Allemagne doit par exemple s'attendre à une hausse de 10% du prix du pain, indique le rapport, tandis que l'industrie agroalimentaire devra faire face à une sévère concurrence en matière d'approvisionnement de céréales. La sécurité alimentaire des pays du Sud est particulièrement menacée par cette hausse, le prix du mais pouvant augmenter de 41% d’ici 2020.

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Climat : l’appel des Nations Unies aux investissements privés - par Engeldivinci le 25/09/2007 @ 12:24

La conférence de Vienne sur le climat, qui a réuni un millier d'experts publics et privés, s'est penchée sur les futurs engagements des Etats pour l’après 2012, date d'expiration du protocole de Kyoto. Selon un rapport publié à cette occasion par l’ONU, 150 milliards d'euros d'investissements seront nécessaires, d'ici à 2030, pour maintenir, à leur niveau actuel, les émissions de gaz à effet de serre.
 

"La réponse au changement climatique passera en grande partie par l'économie", a annoncé  le secrétaire exécutif de l'UNFCCC, Yvo De Boer, en soulignant le rôle que devront jouer les "investissements privés". Le simple maintien au niveau actuel des émissions de gaz à effet de serre, d’ici 2030, nécessitera en effet 150 milliards d'euros. Ce montant considérable représente entre 0,3 et 0,5% du Produit Intérieur Brut (PIB) mondial et entre 1,1 et 1,7% des investissements mondiaux. Le rapport préconise d'accélérer les investissements dans la recherche technologique, les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique de la construction, les transports et l'industrie.
Cependant, cet investissement semble presque dérisoire comparé à la potentielle crise financière engendrée par les changements climatiques, qui pourrait coûter jusqu’à  6,8 trillions de dollars selon le rapport de Nicholas Stern, publié en 2006. L’ancien économiste de la Banque mondiale prévoit en effet que les changements climatiques pourraient provoquer une récession mondiale sans précédent si les émissions de gaz à effet de serre continuaient de croître à leur rythme actuel. De son côté, le GIEC a confirmé cette année que si les combustibles fossiles maintenaient leur position dominante jusqu'en 2030 et au delà, leurs émissions de CO2 pourraient croître jusqu'à 110%…Par ailleurs, si des financements nouveaux seront nécessaires, "une part importante des investissements supplémentaires pourrait être assurée avec les moyens actuels" s'ils sont correctement "redirigés", estime le rapport. En mai 2007, la réunion du GIEC avait également démontré que «  des leviers significatifs de réduction des émissions GES au cours des prochaines décennies existent " et qu’ils "pourraient être suffisants  pour décaler la croissance des émissions globales ou pour les réduire en dessous des niveaux actuels ".

 

L’appel des Nations Unies aux investisseurs sera-t-il entendu ? Pour l’heure, les montants investis dans le Mécanisme de Développement Propre (outil du protocole de Kyoto permettant aux pays industrialisés d’investir dans des projets de technologies propres situés dans les pays du Sud) sont loin d’atteindre les sommes souhaitées par l’ONU. En 2006, le marché total des transactions des projets de MDP ont en effet représenté 5, 257 milliards de dollars. Les projets de Mises en Oeuvre Conjointe (MOC) –qui concernent les projets propres mis en œuvre dans d’autres pays industrialisés- ont représenté quand à eux 220 millions de dollars…Enfin, le marché carbone pourrait constituer, s’il était mondialisé, un outil économique déterminant de réduction des émissions mondiales. Mais à l’heure actuelle,  il est essentiellement constitué par les pays européens ayant signé le Protocole de Kyoto et s'élève à 19 milliards d'euros, pour 1,1 milliard de tonnes de CO2. En outre, si d'ici 2030, le prix de la tonne de CO2 reste inférieur à 20 dollars, (scénario réaliste compte tenu du faible cours actuel de la tonne de CO2), les réductions d'émissions seraient comprises entre 15 et 30 %, soit un niveau insuffisant pour stabiliser le réchauffement climatique. En revanche, si ce prix augmentait jusqu'à 100 dollars, la réduction atteindrait alors entre 30 et 50 %.Le représentant de la délégation américaine à Vienne a d’ailleurs fait savoir à ce sujet qu’il « croyait peu à la mise en œuvre d’un marché carbone mondial », tout en assurant que les Etats-Unis souhaitent « accélérer le processus de négociation » et « veulent coopérer avec les principales économies" pour « parvenir à un accord entre elles "d'ici à 2009 ».

 

Maintenir l'augmentation globale des températures en dessous de 2° C 


Alors que les trois réunions du GIEC qui se sont succédées depuis le début de l’année n’ont cessé de rappeler l’urgence des mesures à prendre, les engagements des Etats se font attendre sur l’après-Kyoto. Les Etats-Unis, bien sûr, mais également l’Australie ont été pressés, sans succès jusqu’ici- par l’Union européenne d’agir. Mais l’UE elle-même est dans une position délicate, dans la mesure où les objectifs qu’elle s’est fixée semblent d’ores et déjà hors d’atteinte. Enfin, l’attitude des nouveaux pays industrialisés et des pays émergents sera également décisive. « Il est impératif que d'autres nations entrent dans le processus, comme l'Australie ou les États-Unis, mais aussi les nouveaux pays industrialisés tels que le Mexique, la Corée du Sud et l'Arabie saoudite », explique Karine Gavand de Greenpeace. « Quant aux pays en développement en phase d'industrialisation rapide, comme la Chine, le Brésil, la Malaisie ou l'Afrique du sud, il va falloir développer des outils incitatifs pour les impliquer dans le protocole de Kyoto. » Comme le rappelle l’ONG, le maintien de l'augmentation globale des températures en dessous de 2° C  implique que les émissions de gaz à effet de serre soient réduites d'au moins 50 % d'ici à 2050, par rapport aux niveaux de 1990,  et ce à l'échelle mondiale.

Prochaines étapes des négociations après la conférence de Vienne : l’assemblée générale des Nations unies, le 24 septembre à New York, puis une réunion le 28 à Washington, à l’initiative du président Bush qui a convié les seize principaux pays pollueurs  à y assister, et enfin  la conférence des Nations Unies sur le climat, qui se tiendra à Bali, en Indonésie, du 3 au 14 décembre 2007.

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Médicament générique et mondialisation au coeur d'un procès - par Engeldivinci le 05/07/2007 @ 12:21

Le laboratoire pharmaceutique américain a porté plainte contre Act Up-Paris pour avoir paralysé son site internet en avril dernier. Une action de netstrike avait en effet rassemblé des milliers de personnes à travers le monde, qui se sont connectées sur le site d’Abbott pour le saturer. L’objectif était de dénoncer la politique du groupe sur l’accès aux traitements du sida en Thaïlande.

L’affaire remonte en 2005, époque à laquelle la Thaïlande a cherché à faire appliquer le principe d’accès universel au traitement du sida voté par les Nations Unies 2010. Le pays, qui compte 1 million de malades, a besoin du Kaletra, médicaments anti-sida vendu par Abbott et qui présente un avantage considérable, celui de résister à la chaleur des tropiques. Son côut est en revanche un problème pour le pays, Abbott commercialisant son traitement 2 200 dollars par an et par patient. La Thaïlande, qui ne peut financer l’accès à ce produit au prix exigé, décide en janvier dernier d’appliquer les dispositions de l’OMC sur le recours aux médicaments génériques. La procédure des  « licences obligatoires » permettent en effet aux gouvernements de fabriquer ou d’importer des génériques des médicaments, de même qualité, mais moins chers. Le pays annonce donc qu’il lève le monopole d’Abbott sur ce médicament et appelle les fabricants de génériques à lui proposer des versions moins chères de ce produit. Cette décision, soutenue notamment par la France, n’est cependant pas du goût du laboratoire, qui prend une mesure de rétorsion inédite : ne plus enregistrer ses nouveaux médicaments en Thaïlande, dont le Kaletra. Des représailles qui « reviennent donc à priver, en toute connaissance de cause, les malades thaïlandais d’un médicament indispensable, observe Act UP. Au-delà de la Thaïlande, ce sont tous les pays en développement qui se sentent menacés par cette odieuse mesure de rétorsion. »


Aucun recours devant l'OMC


Pour dénoncer cette pratique, les associations de défense des malades appellent au boycott et à l’attaque du site internet du groupe. La contestation reste en effet le seul moyen d’action, puisque la décision d’Abbott est certes contraire aux accords internationaux sur la propriété intellectuelle, mais parallèlement, aucun recours devant l’OMC n’est prévu concernant la décision d’un groupe privé. La décision d’Abbott n’est donc pas juridiquement contestable…Ce qui amène plusieurs associations en Thaïlande, en Europe et aux Etats-Unis à exécuter un « netstrike » contre le site corporate du groupe. « Le 26 avril dernier, la veille de l’Assemblée générale des actionnaires du groupe, les associations de malades thaïlandaises appelaient à une journée internationale d’actions, relayée par de nombreuses ONG. Act Up-Paris a proposé aux militantes du monde entier de participer à un netstrike, explique Act Up- Paris. Des centaines, peut-être plus d’un millier de personnes, en France, en Thaïlande, aux Etats-Unis, etc. se sont connectées à répétition sur le site d’Abbott pour le ralentir ou de le saturer ». Les connexions répétées finissent par paralyser le site, action qui, 3 semaines plus tard, fait l’objet d’une plainte du groupe contre Act Up-Paris, instigateur de l’opération. « Le laboratoire entend nous faire condamner au nom des articles 323-2 (entrave au fonctionnement d’un système de traitement automatisé de données), et 323-3-1 (détention ou mise à disposition des outils qui permettent le blocage d’un système) du Code pénal, précise l’association. Nous risquons 70 000 euros d’amende, des dommages et intérêts, 3000 euros de frais de justice et la publication de la condamnation dans deux journaux, à nos frais. La plainte d’Abbott est clairement une manœuvre pour réduire Act Up-Paris au silence ».


Reste pour Act Up à prouver qu’elle avait un « motif légitime » pour lancer cette opération, condition à laquelle les juges pourront l’innocenter. « En portant plainte contre nous, Abbott devra prouver que les vies de milliers de malades en Thaïlande ne sont pas un « motif légitime » qui justifierait une dénonciation publique du laboratoire. Le procès intenté contre nous, malades du sida, obligera Abbott à révéler publiquement son obscénité », n’hésite pas à riposter l’association. Par ailleurs, seule l’organisation parisienne fait l’objet d’une telle plainte, alors que l’action a été également menée par d’autres pays.

Au-delà du procès, c’est une nouvelle fois l’accès aux génériques des pays en développement qui est posée. Un procès intenté par le groupe Novartis contre l'état indien se déroule actuellement à Madras, l'objectif du laboratoire pharmaceutique étant de récupérer des brevets sur des médicaments génériques, qui ont permis de soigner à bas coût des dizaines de milliers de malades dans les pays en développement. En attaquant la législation indienne, Novartis remet en cause, comme Abbott, le contenu des accords de l'OMC sur les des droits de propriété intellectuelle (Adpic), adoptés en 2001. Et reste sourd à la mobilisation des ONG, Médecins Sans Frontière en tête.

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Stratégies d’adaptation au changement climatique - par Engeldivinci le 05/07/2007 @ 12:11

Si les scénario du réchauffement climatique (combien de degrés ? quelles conséquences ?) ne sont pas tous écrits, certaines régions du monde doivent d’ores et déjà affronter une transformation profonde de leur environnement. Ces zones, parmi les plus vulnérables sur un plan géographique, s’organisent pour imaginer d’autres modes d’habitation.

Les Pays-Bas qui ont la plus forte densité de population au monde et des terres qu’ils doivent défendre depuis toujours face à la mer et aux rivières susceptibles de déborder veulent « anticiper ». Leur gouvernement finance un programme « Vivre avec l’eau ». Doté de 45 millions d’euros, il a pour but de réunir toutes les compétences disponibles qui ne travaillent pas encore ensemble pour « développer de nouvelles méthodes pour faire face à l'aménagement des eaux et résoudre de manière innovante les problèmes de l'eau pendant la période 2015-2020 ».
En France, la Camargue est dans la même situation puisque certains scénarios sur le réchauffement climatique prévoient sa disparition à terme. Pour sensibiliser les acteurs locaux à ce risque, des jeux de rôle ont été organisés avec les autorités locales dans le cadre d’un programme européen réunissant 6 pays pour faire une étude d’impact et de stratégie.
Pour les habitants des îles Tuvalu, la submersion est déjà une réalité puisque lors des grandes marées, ils doivent déjà vivre, pendant plusieurs jours, avec de l’eau jusqu’à la ceinture. Devenues aujourd’hui le symbole du réchauffement climatique en marche, les îles Tuvalu font l’objet d’un programme test. L’association Alofa Tuvalu y construit un centre de formation et de démonstration aux énergies renouvelables exemplaire, préfigurant un modèle de développement durable autonome.

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Prix des internautes, nouveau président, les finances solidaires bougent - par Engeldivinci le 05/07/2007 @ 12:05

Finansol, l’association de promotion des finances solidaires, a un nouveau président depuis le 1er juin, le journaliste François De Witt. Elle lance dans le même temps : le premier prix des internautes. L’objectif est de faire connaître certaines initiatives pour inciter les internautes à recourir à ce circuit économique encore mal connu. Ils peuvent aussi y gagner un « panier éthique » !

Inciter les internautes à voter pour désigner le projet d’entreprise, éthique sociale ou solidaire qui lui semble le plus intéressant, c’est l’idée du prix organisé par Finansol pendant tout le mois de juin. Il faut aller sur son site pour désigner, parmi une quinzaine de projets, le meilleur dans trois catégories, consommation, services professionnels et bien-être. Chaque entreprise fait l’objet d’une présentation qui permet de comprendre à quoi servent ces réseaux de financement alternatif. Ils ont permis à ces entrepreneurs, porteurs d’un projet équitable, solidaire ou d’insertion, de créer leurs entreprises qui se portent aujourd’hui plutôt bien alors que les circuits bancaires traditionnels ne leur offraient pas cette possibilité. Baskets équitables, vêtements et jouets pour enfants, vélos électriques, librairie restaurant…les propositions sont variées. Les internautes qui participeront pourront recevoir un « pack éthique » comprenant des échantillons des activités très diverses que pratiquent les candidats. Après les semaines de l’épargne salariale organisées dans diverses régions, Finansol utilise le réseau Internet pour faire la promotion de l’économie solidaire.


Président, spécialiste de l’épargne et de la communication


François de Witt est devenu, le 1er juin, le président de Finansol, journaliste spécialiste de l’épargne, il souhaite contribuer « à créer et renforcer les liens entre l’économie solidaire et les circuits financiers plus traditionnels ». Exerçant son métier au sein de France Info depuis 1990, auteur de livres destinés à familiariser les Français avec la gestion de patrimoine « Appauvrissez vous » (2004), et «Argentissime, le guide complet de vos placements» (2006 et 2007), le nouveau président de Finansol estime que l’économie solidaire finance des projets mettant en avant la dimension « fraternité » de notre devise républicaine. « Il faut multiplier les moyens permettant aux citoyens d’aider d’autres citoyens. Il est possible, par exemple, de multiplier le nombre d’entrepreneurs sociaux en misant sur le capital-risque philanthropique. A l’heure actuelle certains ont accumulé des richesses considérables dont je suis convaincu qu’ils souhaitent consacrer une partie à des actions utiles. La possibilité qui devrait être offerte, en 2008, d’investir à hauteur de 50 000 euros d’ISF en capital de PME, ou en dons aux associations et aux fondations est une opportunité extraordinaire.» Membre de la commission « épargnants » de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF), François de Witt est aussi administrateur de PhiTrust Active Investors, société de gestion à l’origine de PhiTrust Partenaires, société de capital-risque philanthropique labellisée par Finansol, en 2006.
Ces multiples activités devraient l’aider à rendre plus visible l’activité de Finansol et donc à stimuler les placements dans un secteur encore méconnu. L’épargne solidaire progresse puisqu’elle a dépassé 1 milliard d’euros d’encours en 2006 pour atteindre 1271 milliards contre 800 millions en 2005. Malgré tout cela ne représente qu'à peine 1 % de l’épargne des ménages. François de Witt voudrait contribuerà conquérir de nouveaux adeptes en « apportant au public le plus large possible des éléments de clarification et de compréhension des mécanismes de l’économie sociale et solidaire. »

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RainForest Alliance : des ventes record de produits durables - par Engeldivinci le 05/07/2007 @ 12:01

A l'occasion de son 20ème anniversaire, l'ONG américaine spécialisée dans la certification agricole et forestière durable, a présenté à Paris un bilan record sur les ventes de produits comme le bois, le café, la banane ou le chocolat, dépassant les 3 milliards de dollars pour 2007. RainForest vient en outre d'être sélectionnée par Unilever, 1er distributeur mondial de thé, pour la certification de ses plantations.

Petite ONG fondée à New York en 1987 pour préserver les forêts et la biodiversité, RainForest Alliance étend, 20 plus tard, son influence sur les marchés mondiaux. Elle travaille aujourd'hui avec 10 000 producteurs de bois, de café, de bananes et de chocolat dans 14 pays. Tous sont certifiés selon des critères développement durable pour préserver l'environnement (moindre érosion des sols, gestion de l'eau, préservation des ressources naturelles) mais également améliorer les conditions sociales des producteurs (rémunération plus élevée, accès aux soins et à l'éducation). RainForest Alliance est également le 1er certificateur du label FSC pour les forêts, à travers un réseau d'auditeurs et d'ONG locales. Son positionnement - être tournée vers les marchés mondiaux tout en étant écologiquement et socialement responsable- lui vaut aujourd'hui d'être partenaire d'entreprises comme Kraft Foods pour le café, Unilever pour le thé ou encore Castorama pour le bois. Bilan : les produits qu'elle certifie représentent pour 2007 plus de 3 milliards de dollars, sur des marchés à forte concurrence. L'ONG prévoit que les grains de café qu'elle certifie représenteront 10% du marché mondial d'ici 2015, les bananes 20% d'ici 5 ans. Concernant le bois, ses prévisions sont également élevées : 100 millions d'hectares devraient être certifiés par ses soins d'ici 2012, pour un marché qui représente 5 milliards de dollars avec 50 millions d'hectares.
Ces chiffres impressionnent au regard du " petit budget " de l'ONG, 15 millions de dollars annuels, et de ses 30 000 membres. Explication : " 92% ce de ce budget est directement affecté aux programmes sur le terrain ", précise Annemieke Wijn, membre du directoire.


Un coût plus élevé


En 2007, l'ONG a été rejointe par Mac Donald's Royaune-Uni, qui s'approvisionne exclusivement désormais en café certifié RainForest Alliance, la chaîne d'hôtels Holiday Inn, Mars, le musée espagnol du Prado pour le bois ou encore Scholastic Books, éditeur du best seller mondial Harry Potter, vendu à 12 millions d'exemplaires...
En France, l'enseigne Castorama a également conclu un partenariat pour le bois et notamment le teck. " La démarche n'a pas été facile ", explique Bruno de Laschenais, directeur développement durable du groupe. " Il a fallu réunir tous les fournisseurs pour leur expliquer cette nouvelle politique d'achat, maîtriser toute la chaîne d'approvisionnement pour vérifier que du bois illégal n'était pas rajouté à notre insu... ". Castorama a trouvé, avec RainForest Alliance et le Tropical Forest Trust un moyen de s'assurer localement que ses importations étaient bien certifiées FSC, tout en admettant que les coûts étaient cependant bien plus élevés -225 euros par m3 contre 450 pour du bois certifié FSC en provenance d'Indonésie-. " Il faut l'assumer, sans faire payer le consommateur ", explique Bruno de Laschenais. " Des économies ont été réalisées sur les transports, sur l'utilisation de tous les volumes, etc ". " C'est aussi une aventure humaine, " ajoute-t-il. " En étant au service des producteurs, la certification a convaincu le gouvernement indonésien de transférer la gestion des forêts aux communautés locales ". 25 000 m3 ont été importés de Java par Castorama en 2006, mais l'enseigne reste prudente vis à vis des consommateurs. " La sensibilisation des clients n'est pas toujours facile, ils sont sceptiques et veulent des preuves " observe Bruno de Laschenais. " Ils demandent également que 100% de nos produits soient certifiés, mais ne veulent pas payer plus cher...Il est faux de croire que les produits écologiques peuvent avoir un prix plus élevé ".


Dernier arrivé dans la certification RainForest Alliance, mais non des moindres, le groupe Unilever vient de s'engager à ce que tous les sachets de thé de sa marque Lipton vendus dans le monde soient certifiés d'ici 2015. Avec 12% de la production mondiale de thé, le groupe pourrait à terme transformer les habitudes du marché international. Ses plantations de Kericho, au Kenya, seront les premières à être auditées par l'ONG. Le groupe y emploie 25 000 personnes, qui ont déjà accès à un hôpital et à une école, sur une exploitation qui fonctionne à 97% avec des énergies renouvelables. " Nous avions besoin de cette certification pour donner une crédibilité à cette démarche auprès des consommateurs ", explique Michiel Leijnse, responsable du programme agriculture durable chez Unilever. " Après 6 mois d'enquête sur les programmes existants, celui de RainForest était le mieux adapté à notre production. Et c'est une ONG capable de travailler avec les multinationales ", ajoute-t-il.

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La France va-t-elle décider d'un moratoire sur un OGM ? - par Engeldivinci le 06/06/2007 @ 16:17

Suivant l'exemple de six autres pays européens, l'Allemagne vient d'interdire la commercialisation de semences de maïs MON810 de Monsanto, seule variété de maïs transgénique dont la culture est autorisée en Europe. Dans une interview au Parisien, Alain Juppé a déclaré à son tour vouloir décréter un moratoire sur cet OGM, position toutefois réfutée par la ministre de l'agriculture Christine Lagarde.


Plusieurs études, faisant état d'un risque pour la santé et l'environnement, sont à l'origine du moratoire décrété par l'Allemagne, le 21 mai. La plus récente, qui a été réalisée par Greenpeace Allemagne, affirme que les quantités de toxines produites par le maïs transgénique Monsanto MON810 " varient de manière considérable et inattendue entre les épis et au cours du temps ". Les 600 échantillons prélevés en Allemagne et en Espagne ont en effet révélé que la concentration de toxine Bt dans les plantes présente une très grande variation allant de 1 à 100 d'une plante à l'autre, et ce y compris dans le même champ. En outre, la toxine Bt est de nature différente de celle qui a été présentée par Monsanto pour demander l'autorisation de ce maïs auprès de la Commission européenne, affirme l'ONG. Au regard de ces résultats, le gouvernement allemand a estimé que les risques potentiels pour la santé et l'environnement justifiaient l'interdiction du maïs MON810 de Monsanto. Une " clause de sauvegarde ", prévue par la directive européenne, permet en effet aux Etats membres de décider d'un moratoire s'ils estiment que les preuves d'innocuité n'ont pas été établies. L'Allemagne justifie également sa décision par l'absence de plan de biovigilance, que Monsanto aurait dû mettre en œuvre selon les termes de la directive européenne. Il a en effet été montré que " les effets cumulatifs à long terme de la culture sur plusieurs années du maïs OGM Bt n'ont pas été convenablement évalués dans le contexte européen, bien qu'ils soient fortement importants en terme de l'évaluation des risques " (Zwahlen et al. 2003 ; Stotzky, 2004, Baumarte & Tebbe, 2005).

" L'Allemagne réalise ce que les associations de protection de l'environnement et les défenseurs de l'agriculture biologique ne cessent de réclamer pour la France ", a souligné Greenpeace France. L'ONG rappelle le sondage qu'elle a publié lors de la campagne électorale, selon lequel 86 % des Français réclament une interdiction temporaire ou définitive des OGM et 62 % des agriculteurs attendent un moratoire de la part du nouveau président.... Or, Alain Juppé a créé la surprise ce matin, en déclarant dans une intreview au Parisien : "on vient de découvrir que la sécrétion de la toxine qui est censée tuer l'insecte qui attaque le maïs se passe dans des conditions qui ne sont pas
exactement celles qu'on attendait. Donc l'Allemagne vient de suspendre l'autorisation du MON810. Dans ce cas précis il faut s'inspirer du cas allemand.
"
Greenpeace, qui se félicite de cette déclaration, attend toutefois  " qu'elle soit très rapidement suivie d'effet, c'est-à-dire que le ministre active la clause de sauvegarde comme l'a fait le gouvernement allemand il y a quelques jours ".

 

De fait, une polémique est intervenue quelques heures après les déclarations d'Alain Juppé. La ministre de l'agriculture Christine Lagarde a en effet jugé préférable d'attendre avant de prendre un etelle décision. La question devrait être débattue lors du conseil des ministres le 30 mai prochain.
Le MON810 est aujourd'hui la seule variété d'OGM cultivée en France de façon commerciale, mais les semenciers estiment qu'environ 30 000 hectares de cette variété seront cultivés en 2007." La poignée d'agriculteurs pro-OGM français ont déjà commencé à semer leur maïs transgénique. Il va falloir trouver d'urgence une solution pour empêcher qu'il contamine l'environnement et la chaîne alimentaire ", n'a pas manqué de souligner Arnaud Apoteker, chargé des OGM chez Greenpeace.


Mardi 22 mai, plusieurs associations -Attac, Agir pour l'environnement, le Collectif des faucheurs volontaires et la Confédération paysanne- avaient demandé au président Nicolas Sarkozy la mise en place d'un moratoire sur les OGM. La législation française laisse selon eux "les paysans seuls face à d'autres paysans et les consommateurs face aux opérateurs". "La contamination aura des conséquences économiques catastrophiques pour notre agriculture", affirment les signataires de la lettre adressée au président. Lors de la campagne des présidentielles, Nicolas Sarkozy avait indiqué aux ONG qu'il se prononcerait " sur un moratoire concernant les cultures existantes en fonction des prochaines conclusions de l'Agence européenne de sécurité alimentaire ". Manifestement, le ministre de l'écologie a préféré prendre une décision plus rapidement.

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